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Réflexions, etc., p

MARECHAL; — La Jeunesse de La Mennais. 16

d'œuvre; ni même de faire la leçon à labbé de Bou-

logne 1e

Mais tout n’est pas sur le même plan. A simple inspection

lon peut déterminer quelles pages, dans cet ensemble, se détachant davantage, manifestent aussi clairement Les prédi-

lections de l’auteur. La guerre à la philosophie moderne, entamée depuis si longtemps, devenue, par les soins de l’on-

cle des Saudrais et les intérêts lésés de M. de La Mennais père, traditionnelle dans la famille? ; le tableau animé de la Terreur, dont les siens avaient tant souffert et dont lui-même avait gardé l’ineffacable souvenir: le jugement sur Jean- Jacques Rousseau, d’une exacte mesure, et qui rappelle une séduction ancienne et toujours vivante #; même les lignes consacrées à Malebranche, dont la concision rigoureuse dénonce une étude récente à Jamais imprimée en d’ineffaçables traces®: voilà les points par où l'ouvrage, se rattachant à la vie même de son auteur, annonce et prépare son avenir d’apologiste et d'écrivain.

Parmi ces pages, celles-là méritent d’être surtout mises:

en relief, où le mal de lindifférence est décrit, condamné dans ses causes el dans ses effets, et si ardemment combattu. Elles nous donnent la clé psychologique de l'ouvrage. Cette « léthargique apathie » que Félicité de La Mennais attaque, qu'il presse, qu'il écrase avec tant d’emportement, elle n’est point seulement hors de lui, dans la société qu’elle flétrit. En ses heures, hélas! si fréquentes de délaissement et de misère, elle est en lui, elle est son mal. Il ne la combat chezles autres que pour la chasser de lui-même. Témoin ce fragment d’une lettre douloureuse dans laquelle il raconte et décrit sa peine : € Abandonné.…. à une accablante apathie, totalement dépourvu d'idées, de sentiments et de ressorts, tout me devint à charge, la prière, l’oraison, tous les exercices -de piété, et la lecture, et l’étude, et la retraite, et la société ; je ne tenais plus à la vie que par le désir de la quitter, et

1. Cf. Réflexions, etc., p. 146. L'abbé de Boulogne est visé ici; c’est à lui qu'on reproche « ces discours étudiés, ces phrases sonores ». Cf. Œuvres inédiles de F. Lamennais, publiées par BLaize, t. I, Introd., pp. 36-37.

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