‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 151 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

mon cœur éteint ne trouvait une sorte de repos léthargique que dans la pensée du tombeau !. »

Combien ces tristes aveux concordent avec ses constatations sur la société de son temps! Il y découvre, comme en lui-même, le mal de l'indifférence qui menace jusqu'aux chrétiens : « Cette léfhargique apathie, lit-on dans les Réflexions sur l'état de l'Église, se propage d’une manière effrayante parmi les chrétiens même. La plupart d’entre eux, négligeant leurs devoirs les plus essentiels, croient avoir accompli toute justice, quand ils sont venus se distraire une heure dans nos temples, et quand ils ont prêté aux instructions de leurs pasteurs quelques instants d’une attention critique et. dédaigneuse. Tous les jours la piété se refroidit ainsi que la charité?. » Le diagnostic vaut pour le siècle, mais il s’applique aussi justement à Félicité de La Mennais.

. Aïnsi deviennent abondantes en sens profond ces lignes d’une lettre de l’abbé Jean à l'abbé Bruté qu'il convient de citer encore et de rappeler ici. Oh! s’écriait le jeune prêtre, si Dieu suscitait un apôtre parmi nous! « N’en doutons pas, mon ami, à sa parole humble et forte, les chrétiens sortiraient du sommeil de l’indifférence, et nous verrions renaître la beauté des anciens jours 3. » La lettre devait passer sous les yeux de Félicité de La Mennais, il l’a lue, il s’en est même ‘inspiré: «Oh! s’écrie-t-il dans les Réflexions sur l’état de l'Église, si l'on savait ce que peut la foi! si lon n’était animé, conduit que par la foi ! si l’on ne mettait qu’en elle sa confiance et son espoir! oh! alors on verrait renaître les merveilles des anciens jours.» Et lorsque, dans sa brochure, il demande à Dieu de « dire à la foi éteinte, comme à ce mort enseveli depuis quatre jours : veni foras, reparois et sors du tombeau, du froid et ténébreux tombeau de l’incrédulité et de l'indifférence! » — n’en doutons pas, c’est pour la société, mais c’est pour son âme aussi, qu'il supplie le Sei gneur de renouveler, une fois de plus, le miracle de Lazare. De là cette ardeur à plaider une cause qu’il sent être aussi

1. BLAIZE, Œuv. inédites de F. Lamennais, t, I, p. 92. ù < Réflexions, etc., pp. 110-111.

3. Lettres inédites de. -M. et F, de La Mennais, publiées FSC HL DE COURCY et La GOURNERIE, pp. 17-18; 2 février 1808.

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