COURNERIE, pp
mises, dans la lettre que vous avez bien voulu nous commu- niquer!? » La prudence devait bien avoir, autant que la modestie, sa part dans ce grand désir de rester caché.
Les deux frères n’en escomptaient pas moins le suceës. Ils demandaient, dans cette espérance, des observations à M. Emery : « Si M. Frayssinous avait la complaisance d'en faire aussi quelques-unes, si M. Millaux, si M. Bruté nous aidaient de leurs conseils, nous éclairaient de leurs lumières, on pourrait, dans une seconde édition, donner à . l’ouvrage plus d’étendue, et le rendre plùs utile, en le rendant plus complet; mais si vous autres, qui êtes si riches, qui avez tant lu, qui avez tant vu, ne voulez rien nous dire, si au lieu des critiques que nous vous demandons, vous nous faites des compliments, dont nous ne voulons point, il faudra bien finir par où nous aurions dû commencer, par nous taire?. » Quelques jours après, l'abbé Bruté répondant à cette lettre, disait : « Je garderai à regret, mais je garderai votre secret. Toute l’impression se doublerait parmi ceux qui vous sont si attachés, s’il était permis de vous nommerÿ. » Du moins, Saint-Sulpice se montrait-il très satisfait; le 2 juil- let 1809, l’abbé Bruté, courrier ordinaire des deux frères, leur envoyait l’avis de M. Emery : « Il me marque, leur di- - sait-il, que le mémoire dont il avait vu le manuscrit était, en effet, digne de l’impression, et que la princesse russe catho-
— lique Galitzin vient de le lire avec beaucoup de plaisir, re- …. grettant seulement d’y trouver le clergé un peu trop maltraité
sur la fin. Je vous assure ne vous avoir nommé qu’à M. Millaux, mais je crains que vous ne soyez découvert par Saint- Sulpice ou autrement. »