‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 155 sur 504 · ROPARTZ, p · texte numérisé non relu

ROPARTZ, p

4. Ibid. Les regrets de la princesse Galitzin visaient évidemment cette page un peu sévère, mais juste, de la brochure : «Il m'en coûte de le dire, mais je le dirai pourtant. Plüt à Dieu que le clergé du moins se fût garanti de la contagion ! plüt à Dieu qu'il réclamât uniquement par son exemple contre l’affaiblissement du zèle, et que l'Église en souffrance trouvât dans tous Ses ministres les consolations et les secours qu'elle a droit d'attendre d’eux ! Sans doute elle renferme encore dans Son sein un.

…. grand nombre d’hommes apostoliques ; une sève de foi anime encore

quelques branches de ce tronc sacré : et c’ést ce qui condainnera tant de prêtres tièdes et languissants, qui ne sont, suivant l'expression de l'apôtre, ni chauds ni froids ; qui, pourvu qu'ils aient des mœurs et qu'ils assistent régulièrement à l'office public, s’imaginent être quittes

Cette lettre. ne satisfait pas Jean-Marie; le 4, il répond à l'abbé Bruté : « Nous n’aimons point les jugements généraux qui ne servent à rien; tàchez de nous avoir de Saint-Sulpice sur ces tristes Réflexions, quelques bonnes observations de détail, qui nous instruisent et nous réforment où nous avons failli, ce qui doit être notre cas très souvent1. » Il ne semble pas que Saint-Sulpice ait envoyé la critique demañdée; mais le lendemain même, le 5 juillet 1809, M. Emery écrivait à Jean-Marie : « J'ai bien des remerciements à vous faire de l’exemplaire de votre ouvrage que vous avez bien voulu me faire remettré. [Il honore également et vos talents, et votre zèle?. »

Déjà la vente avait commencé, à trop bon compte, selon l'abbé Bruté, qui craignait que les auteurs, à défaut des éditeurs, ne fissent pas leurs frais ; mais Jean-Marie s’en réjouissait sincèrement : € Ah vraiment ! déclarait-1l au fidèle Bruté, M. Girard nous vend à trop bon marché. Nous avions une plus haute idée de nous-mêmes, et nous croyions valoir mieux que cela. Le fait est qu'il ne nous a point dit combien il vendrait le livre; je suis, au fond, très content que le prix n’en soit pas très élevé, parce que j'espère qu’on l’achètera plus facilement et qu'il fera plus de bien, étant plus répandu 5. » Les événements se chargèrent de démentir ce pronostic : au moment même où Jean-Marie écrivait, à la fin de juillet 1809, ils prenaient une telle tournure qu’il fallut se hâter d'interrompre la vente, et de cacher en lieu sûr la presque totalité de édition à peme parue.

Le 17 mai 1809, Napoléon, entré à Vienne après Eckmühl, avait lancé deux décrets par lesquels, « rappelant la dona-

envers Dieu ; qui recherchent dans l’oisiveté des villes une vie douce et tranquille, tandis qu'il y a tel canton dans nos campagnes où, sur quatre paroisses, on compte à peine un pasteur. Ils répondront des âmes qui se perdent et qu'ils auroient pu sauver, ils en répondront devant le souverain juge, et alors on verra si des considérations de famille, des prétextes d'infirmités, ou d'autres motifs si bas qu'on n’oseroit les énoncer, entreront en balance avec le salut des âmes pour qui Jésus-Christ est mort.

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