‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 161 sur 504 · Ibid., chap. 11, pp · texte numérisé non relu

Ibid., chap. 11, pp

. et l'exil du cœur, et d’avoir été conforme au Sauveur du

monde, qui, au milieu des plus extrêmes douleurs, des dégoûts, des craintes, des angoisses, disoit à son Père que voire volonté s ’accomplisse ; qui, suspendu à une croix, les pieds et les mains percés, n’eut pas où reposer sa tête!... Au milieu des sécheresses et des épreuves, attendez donc en silence, et avec une sainte.longanimité, qu'il plaise au Très- Haut d'en disposer autrement. Et certes, au dernier jour, on ne vous demandera point si vous avez goûté ici-bas beaucoup de douceurs, mais si vous avez été fidèle au service et à Pamour de votre Dieu ?. »

Ce n’est pas être fidèle, que de servir Dieu tant qu’on est soutenu « par une dévotion sensible », mais, sitôt qu’on la perd, de « s’aigrir » et de « s’indigner » ; et, parce qu’on ne sent plus, au gré de ses vœux, les consolations intérieures, de rechercher celles du dehors, pernicieuses, et contraires à l'esprit de Dieu. Ainsi vivent les infidèles : « Ils voudraient jouir d’une continuelle félicité; le poids des souffrances les lasse et les abat. » Ils RU clairement par là que si, jouissant des dons sensibles, ils semblent s’attacher à Dieu, même alors « ce n’est pas Dieu c’est eux-mêmes qu’ils servent. En tout et toujours, ils préfèrent leur volonté à celle de Dieu ? ». Car ces dons sensibles ne sont point la sainteté ; que de fois même ils en éloignent ! « Le véritable amour de Dieu se manifeste bien plus sûrement dans la privation des goûts sensibles que dans leur abondance et leur vivacité. » Quelle consolation pour Félicité dans ces mots! Même Louis de Blois va le mettre en défiance contre la séduction pieuse dont il a rêvé les douceurs, dont la continuelle privation n’a cessé de le désoler : « Si l’on n’en use avec prudence, ils produisent presque toujours un secretorgueil, une criminelle complaisance en soi-même, une funeste sécurité”.» «Ainsi s’évanouissent dans leurs pensées ceux qui désirent les grâces sensibles plus que l’auteur même de la grâce6. » Bien différents sont les véritables fidèles dont le Guide offre au néo-

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