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MaREcHAL. — La Jeuncsse de La Mennais, 17
phyte l'idéal et parfait modèle : « Soit qu'il plaise à Dieu de retirer d'eux ses dons, soit qu'il laisse tomber sur leur âme quelques gouttes de l’éternelle suavité, toujours les mêmes, toujours sereins, ils ne cessent pas un iristant d'aimer, de louer le Seigneur. Ni les nuages intérieurs, ni la fatigue des sens, ni l’assoupissément dé l'esprit, ni l’abattement de l'âme, ni les angoisses des tentations, ni les atteintes de Padversité, ni les accès de la prospérité, rien ne peut les faire chanceler!. » Et s'ils éprouvent quelquefois « le serrement d’une excessivé tristesse?» , ils n’en sont jamais ébranlés. Tel est l’admirable modèle dont l’image soutiendra maintenant, aux heures d'angoisse et d’aridité, le traducteur de Louis de Blois; ce qu’il appelait abandon, alors qu’il méconnaissait la science divine de la croix, devient à ses yeux désormais un gage assuré du salut ; et, s’il peut demeurer chrétien dans son délaissement sensible, il saït qu'il sera des élus, et qu’en le privant de ses dons, Dieu veut aplanir son chemin.
Il fera donc à présent de sa vie, suivant les conseils du pieux et saint livre, une méditation de la passion du Christ, ou mieux encore, uné méditation de sa croix. El sait «qu’il n’est point de voie plus courte pour parvenir à une parfaite abnégation de soi-même ? » ; il goûte le charme des oraisons par lesquelles l’âme se ranime, et dont le Miroir des âmes religieuses offre de si touchants exemples“. Et l’on peut juger de quel cœur il lit ces lignes où sont décrites les étapes par où, quelque jour, il pourrait s'élever jusqu'au sein de Dieu : « Aussi longtemps que dureront sa faiblesse et sa froideur, écrit le médecin de l’âme, il s’appliquera à nourrir en lui le feu de l’amour divin, par une sérieuse méditation de l’Incarnation et de la Passion du Fils unique de Dieu, et il conversera doucement sur ce sujet, avec son âme. Enflammé par cette méditation, bientôt il passera à l’oraisont et aux aspirations, afin de s’unir au souverain bien, objet de tous ses désirs. S'il continue ainsi de s’exciter fréquemment à l’amour de Dieu, en peu de temps il parviendra, par un simple mouvement de l’âme, et sans aucun effort, à se sé-