Inédit. Ms., p
3. Inédit. Zbid., pp. 7-8. Cf. Essai sur l'Indifférence, t. 1, chap. nr, en particulier, p. 75 (éd. Garnier).
teur prend le sien et lui en renvoie deux au lieu d’un ». Un autre, le philosophe ignorant et naïf, scandalisé de la scène, la déplore en termes bien compromettants pour la philosophie : « Me feriés-vous repentir de l’heureuse incroyance où j’ai Jusqu’à ce jour si imperturbablement persisté ? Je la dois toute à mon ignorance; je ne savais rien, je ne crus rien, et vous qui ne croyés rien non plus, est-ce parce que vous savés tout que vous ne pouvés vous accorder et que vous n’opinés que du bonnet? Eh! que dira-t-on? que la Philosophie n’a ni queue ni tête, comme elle a déjà dit qu’elle n'avait point de cœur. Cachons-nous au moins, recouvronsnous de notre manteau, emblême de cette obscurité, qui doit nous envelopper; qu'il laisse à peine entrevoir la barbe, et qu'on n’apperçoive pas surtout le petit bout d'oreille. Hélas ! si on allait la voir toute entière ! — On ne sait ce que seraient
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devenues les siénnes si son âge n'avait désarmé l’inten-
tion! » — À celui-ci, succède le « Philosophe turbulent, humoriste et bourru? », qui réclame la clôture de la discussion; le philosophe badin et gai, qui effleure tout sans rien approfondir, et toujours riant ?; le philosophe lent et méthodique, qui prétend suivre en tout la patiente croissance de la Nature, le philosophe conciliateur, dont l’idée de concilier des philosophes suscite des éclats de rire «s1 forts et si longs que la sonette (sic) du Président ne pouvant les arrêter, il se vit forcé de se découvrir en riant plus fort que les autres».
Ce badinage forcé et prolongé sans mesure y perd beaucoup de son agrément. Mais il cesse pour faire place au ton le plus sérieux, et qui s’élève quelquefois jusqu’à léloquence dans l'affirmation de l’existence de Dieu. Un nouvel orateur se présente : « Il s’annonçoit par un air modeste, prévenant, un maintien noble, aisé, une physionomie ouverte, si douce et si attrayante qu'il fallait comme faire un effort pour en détacher ses regards; tout cela ne sentoit rien de bon, et n’avoit point odeur de sage; il devint suspect, mais que devinrent eux-mêmes nos Philosophes, lorsque d’une voix ferme et du ton de la vérité, il prononça ces mots : Oui, il y a un Dieu : sages de la Terre, vous n’en doutés pas; j’en