‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 19 sur 504 · Inédit. Zbid., p · texte numérisé non relu

Inédit. Zbid., p

appelle à votre cœur, j'en atteste votre conscience. » C’est . Rousseau, que Robert des Saudrais met à contribution ici ; mais s’il parle ensuite manifestement son langage, ce n’est pas à lui qu'il emprunte les beaux développements qui vont suivre; car d’abord, il prouve l’existence de Dieu par la demi- Science et la profonde ignorance de l’homme : « Le soleil darde ses rayons sur (os Terre; 1l l’éclaire, l’échauffe et la vivilie; le Physicien prend un prisme et décompose la lumière qu'il ne connait pas : comme un vrai Protée, l’eau se change en glace, en neige, en grêle, en vapeurs; le chymiste allume son Plourucau, décompose cette eau, et trouve qu’elle est for- mée de deux airs qu’il ne connaît pas davantage : l’anatomiste dissèque une chenille; il y compte tous les nerfs, tous les muscles, toutes les fibres : aucune partie n'échappe à son microscope ni à sa sagacité et il ne connaît point la chenille : le Métaphysicien s'empare de l’âme et l’analyse; il y découvre tout ce qui y est ou Ho y être, et il ne connaît point l’âme : le Moraliste s’attache au cœur, le tourne et le retourne, le creuse, en sonde tous les replis, et ne le connaît pointé encore : tant de science apparente et tant de véritable ignorance dans l’homme, ne suffiraient-elles pas pour lui faire soupçonner hors de lui une intelligence supérieure à la sienne, et ne serait-ce point celle qui en se jouant, a créé le soleil, les éléments, la chenille et l’homme?. »

Après avoir ainsi prouvé Dieu par la faiblesse et l’impuissance de la raison, incapable d’atteindre autre chose que des relations entre les éléments, impuissante à comprendre les éléments eux-mêmes, Robert des Saudrais traduit l’un des passages les plus célèbres de Pascal :

__ « Quel superbe écrin, où brillent, où étincellent ces innombrables étoiles semées dans la voüte céleste! Étoile du matin, Étoile du soir, détachés-vous du firmament, approchés et répondés. Qu’êtes-vous devant moi? Je vous vois, et vous ne me voyés pas; je vous parle et vous ne m’entendés pas : qu'est-ce que votre faible lumière et votre prétendue grandeur? C'était un ciron plein de vanité à qui ces parsies étoient échappées. Une voix lui eria : Qu’es-tu devant moi ?

Tu me vois, et tu ne me connais pas; tu m'entends, et tu ne

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