‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 182 sur 504 · GOURNERIE, P · texte numérisé non relu

GOURNERIE, P

2 HIbId 1 p'210;

. BLarze, t. I, pp. 51-52.

Manuscrit autographe de la lettre ci-dessus. Inédit. .

BLarzE, t. 1, pp. 51-52.

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cependant, au mois d'août, le voyage de Paris. Il le fit en compagnie de l’abbé Bruté, et en profita pour entrer avec lui en retraite à [a solitude. L'occasion s’offrait à souhait pour Féli de marquer à son frère son éloignement du monde, et son goût toujours persistant de la vie cachée : « Au moment où je L'écris, mon cher Jean, vous êtes probablement en retraite, et tout entourés de saints, au milieu desquels il est si doux de s’occuper du bon Dieu, et de se reposer encore une fois dans son sein, loin de ce monde auquel le grand apôtre était crucifié, dans un silence et dans une paix pleine d'amour. » Retraite loin du monde, repos en Dieu, silence, amour et paix, n'est-ce pas là tout l'idéal si vainement poursuivi par Féli ? « Toutefois, ajoutait-il, vous n’aurez pas, j'espère, tellement oublié toutes choses, que vous ne vous soyez quelquefois l’un et l’autre souvenus de votre pauvre frère, en présence de son Dieu qu’il a tant offensé, et J'ai cette douce confiance que vos prières contribueront à lui obtenir miséricorde !. »

Tout oublier, afin de retrouver Dieu dans ce parfait oubli du monde, voilà son espoir et son rêve. Le 30 août, il traduit vivement son dégoût de la laideur morale qu'il découvre en l'humanité ; et c’est pour en venir, naturellement, à célébrer les charmes précieux des secrets réduits et des solitaires retraites : « Tout ce que je vois et entends m'’attriste et me dégoûte et me serre l'âme de plus en plus. Oh! qui me donnera les ailes de la colombe pour m'’envoler dans la solitude ! Felices nemorum, lerque quaterque felices ! Mais Dieu le

veut, il faut écarter cette idée au moins pour quelque temps :

Tua, non mea fiat voluntas ?. »

Que votre volonté soit faite et non la mienne : ce cri s'élève de son cœur, de son cœur altéré d'amour, et pour qui la résignation n’est qu’une élape nécessaire vers le bonheur dont il veut goûter les délices. Est-ce le vrai renoncement ? Certes, il en est loin encore, celui qui ne saurait dire : Seigneur, la croix durant l'éternité avec vous, plutôt, s’il était possible, qu'une éternité de bonheur de laquelle vous seriez absent. Aussi Féli nest-il pas véritablement résigné : « Vraiment, voilà comme nous sommes, nous autres, nous voudrions

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