‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 183 sur 504 · BLAIZE, t. 1, pp · texte numérisé non relu

BLAIZE, t. 1, pp

2, Ibid., p. 61.

trouver ici-bas du repos, et arriver au terme sans éprouver les fatigues du voyage. Quelle lcheté! ef pourtant nous voilà ; c’est humiliant, c’est désolant 1. »

C’est exactement son état. Il demande au Maitre, avant

l'épreuve, les forces qui lui manquent; à cette condition il acceptera la croix,ou se verra du moins capable de la porter :

« Demandons du fond du cœur au bon Dieu qu'il nous relève, et qu'il appesantisse ensuite sa croix sur des chrétiens

assez faibles pour redouter ce gage sacré de leur salut et de

son amour?, » La croix, signe d'élection, est en effet tout son recours, dans sa déplorable misère ; mais il frémit en lembrassant, et combien vité il en abandonne les amères joies, pour retomber dans ses emportements ou dans ses désolations ! « Oh ! que nous sommes loin de l’esprit des saints ! la croix, la croix, et encore la croix, et toujours la eroix, Jusqu'au moment où elle-même nous ouvrira les portes de l'éternité, et où nous entrerons pour jamais dans ses ravissantes profondeurs ?. »

O crux ave, spes unica. Salut Ô croix, espoir unique! paroles abondantes en signification morale, où tout le christianisme est en résumé contenu. Mais qu’il s’en faut que de

brusques élans suffisent à en réaliser l'esprit! Qu'il s’en faut

qu’un désir sincère de l’éternelle gloire suffise à former je ne dis pas les saints, mais, tout simplement, les fidèles ! Car être fidèle à la croix, c’est aimer, c’est chérir son mal, et surtout ne vouloir que lui; c’est se pencher sur sa blessure pour l'écouter sans s’y complaire, tant sont doux, à celui qui aime, les maux, les tourments qu’il endure pour lamour de Pobjet aimé. Si done vous entendez quelqu'un invoquer à grands cris la croix, cherchez s’il ne se complait point en Pespoir d’un bonheur humain, et s’il ne poursuit pas, à travers les épreuves qu’il invoque, le soulagement de ses peines temporelles : car alors, il appelle bien moins qu’il n’écarte et qu'il ne rejette l'instrument sacré du salut.

C’est le cas de Félicité : s’il aspire à la solitude, c’est afin de rejeter un trop lourd fardeau de douleur ; et s’il consent à y renoncer, C’est pour se débarrasser plus sûrement du poids qui l’oppresse et l’accable ; s’il invoque la croix, c’est qu’en

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