Ibid, 1, p
natale ? O douce patrie, chère éternité! Venez, venez, Selgneur Jésus; mon âme languit, elle défaillit dans l’ardeur de s'unir à vous. O mon trésor! O tout mon bien! »
Cette lettre est importante : elle accentue davantage encore l'influence déjà si marquée de Saint-Sulpice sur Félicité. Sous l'inspiration de M. Ollier, il s’est toujours conservé, parmi les Sulpiciens, un petit groupe de mystiques ; et ceux-ci, à l'exemple de leur pieux fondateur, et d’après le modèle de sa vie, ont toujours considéré la croix, les sécheresses et les peines intérieures comme un signe assuré d'élection. Il faut cependant distinguer. Saint-Sulpice vient sans doute appuyer la leçon de Louis de Blois, et confirmer les illusions de son entourage sur la prétendue vocation de Féli. Mais je dis les illusions : car il y a sécheresses et sécheresses. Les unes ont leur principe en nous, mais les causes en sont des défauts ou des faiblesses qu’on peut corriger: Dieu nous ôte ses consolations pour nous punir de notre orgueil, quand nous y avons pris de vaines complaisances; ou pour punir notre paresse, quand nous négligeons d'en profiter; ou quand nous recherchons trop les consolations humaines, les plaisirs sensuels ou mondains, pour nous punir de notre attachement aux choses périssables ; ou quand nous manquons de sincérité et de simplicité au confessional, pour nous punir d’avoir « menti au Saint-Esprit? ». Successivement, ou toutes à la fois, Féli ‘envisagea ces causes, et s’examinant lui-même, y reconnut l'origine du mal dont il souffre tant. Tout à l'heure il accusait sa paresse ; auparavant, 1l s'était reproché d'avoir trop aimé les plaisirs du monde, les consolations du monde; et que de fois l’'avons-nous entendu accuser tout haut son orgueil !
La stérilité peut encore tenir à la maladie, mais en ce sens que la fatigue, le surmenage en soit la cause: «Le remède, en cette occurrence, dit saint François de Sales, est de revigorer le corps par quelque sorte de légitime allégement et récréation. » Féli, comme ses directeurs, a envisagé cette cause et recherché par la guérison du corps lallégement de lPâme. Enfin, il est une troisième source de sécheresses, source inconnue, source bénie peut-être, s’il y faut voir la main de Dieu : nulle cause particulière n'apparaît ; et l’on doit alors,