‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 189 sur 504 · BLAIZE, Ï, pp · texte numérisé non relu

BLAIZE, Ï, pp

2. Saint François de Sales, ap. DE GIBERGUES, la Ferveur, Paris, Poussielgue, 1909, p. 21.

pour retrouver la ferveur sensible, suivre les conseils que

voici: D'abord, on doit s’humilier, Fe Poussière et néant que je suis, Seigneur ,]je ne suis pas digne de-vous ; comment m an -je que vous me ue vos D et vos grâces ? On doit ensuite demander à Dieu le retour des consolations en toute simplicité ; car il n’est pas possible d'aimer Dieu vraiment sans souffrir de la soustraction de ses faveurs sensibles. On peut donc se plaindre doucement à Dieu du délaissement où l’on se trouve: ainsi Marie et Joseph, ayant cherché trois jours le divin enfant, finirent par le retrouver ;

ainsi Marie-Madeleine, au matin de la résurrection, blenré devant le tombeau vide, tant que le Seigneur se montra. Cette cause encore a été envisagée ; Félicité n’a jamais marchandé avec les humiliations,les gémissements et les larmes.

A quel groupe de causes — défauts, santé, vouloir divin — attribuerons-nous donc les sécheresses dé Félicité? Ou ferons-nous comme ses directeurs, et verrons-nous en lui une victime élue du concours de ces trois agents ? Il le faut bien, et ce dernier parti s'impose ; mais il ne suffit pas encore à rendre compte de son état.

Les sécheresses peuvent être utiles, car la ferveur sensible n'est pas la vraie ferveur; l’âme trouve dans la privation des dons sensibles, acceptée avec résignation et douceur, un plus grand mérite et un avancement plus rapide: le chrétien prolite et grandit dans la mesure où il se fait violence à luimême. L’humilité, la souffrance purificatrice, le désintéressement complet d’une âme qui n’agit plus que pour Dieu, l’exereice de la patience, tels sont 16 principaux avantages de la sécheresse pour le progrès de la ferveur. Que d’âmes, qui se lussent évaporées, comme dit Bossuet, au feu des consolations divines, sont sauvées par la sécheresse !

Mais les sécheresses ne sont pas non plus sans dangers fatigue, lassitude et découragement guettent le chrétien à ee détour ; et s'il n’a l'énergie de se remettre sans cesse sous les yeux les avantages de son état, de tenir fortement, et sans jamais se décourager, à tous les devoirs de piété, de multiplier autant qu'ilpourra les bonnes œuvres, les stérilités sont funestes, et peuvent lentement le conduire à la ruine entière

de la foi.

Page 1