‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 190 sur 504 · De GIBERGUES, la Ferveur, Paris, Poussielgue · texte numérisé non relu

De GIBERGUES, la Ferveur, Paris, Poussielgue

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Or, c'est ici qu'à juste titre je tremble pour Félicité. Ce n'est pas un mal passager, dont le repos et les soins puissent corriger les effets, qui altère sa santé : il porte en lui, dès la naissance, dans son tempérament débile, les traces d’une misère physiologique congénitale et par conséquent incurable: par là ses stérilités sont dès à présent sans espoir. Puis la sécheresse n’est bonne qu’à la condition qu'on demande les consolations avec un grand abandon à la volonté de Dieu et une parfaite pureté d'intention : or Félicité, sans doute, s’eflorce à cet abandon ; mais il n’y atteint qu’en paroles. A mille indices, on reconnaît qu'il n’a pu jamais renoncer aux consolations qu'il espère, et qu'à travers tous ses déboires, ce sont elles seules qu'il poursuit avec l’obstination d’une inlassable ténacité. Mais si vous demandez la consolation divine « avec obstination et ténacité », c’est un signe « que votre intention n’est pas assez pure, et que vous cherchez votre satisfaction personnelle plus que la gloire de Dieu »; ce qui suffit « pour empécher votre prière d’être exaucée! ». [l n’est pas de la troupe choisie qui peut aimer Dieu pour lui-même, le mettre toujours au-dessus de ses dons, et préférer sa volonté à ses faveurs : il n’est pas de * ceux qui s’attachent «au Dieu des consolations plutôt qu'aux consolations de Dieu? ». Que de fois même l’avons-nous vu « rechercher les consolations humaines pour leur faire prendre la place des consolations divines 3 » ! Ainsi le tempérament moral n’est pas moins que le physique rebelle chez Félicité à la renaissance intérieure, aux charmes de l’amour divin. Si le principe de ses sécheresses est en lui, les causes en sont incorrigibles.

Le malheur est que son entourage ne l’aitpas dès alors compris : les médecins de l’âme traiteront toujours cet incurable en malade qui pourrait à la fin guérir ; erreur fatale, qui dès à présent assombrit son avenir et fait pressentir son destin.

Ne nous étonnons donc pas de voir durer ses désirs de solitude, et s'exprimer à nouveau en novembre 1809. L'abbé Bruté venait de lui envoyer par l'entremise de Jean-Marie les œuvres de saint Léonard de Port-Maurice ; 1l s’empresse

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