Inédit. Zbid
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me comprends pas : Dans ton effrayable petitesse, à peine puis-je t'appercevoir. C'était l’homme plein d'orgueil qui parlait ainsi, et à la vanité, à l’orgueil près, le ciron n'avait pas
tort, et l'homme avait raison. Qu'y a-t-il au-dessus du senti-
ment et de la pensée ? Rien, que la cause qui a produit Pun et l’autre, et qui n'étant point elle-même un effet, reste éternellement pour cause première de tout ce qui est{. »
Robert des Saudrais présente ensuite la preuve classiquepar
la contingence du monde, S'il n’existait, dit-il, qu'un grain
de sable pensant, «ne pourrait-il pas raisonner ainsi : ou je me suis donné l’être, ou je l’ai reçu d’ailleurs, ou je suis de toute éternité. Voilà trois suppositions (et il n’y en à pas une quatrième) dont la première et la dernière ne sont pas admissibles ; car je sais positivement que je ne me suis pas fait moi-même,
comme je sais encore que si j'étais de toute éternité, je serais
un effet sans cause, ce qui est impossible. Reste donc à conclure, non par supposition, mais par une conséquence nécessaire et certaine, que je suis l’effet d’une cause première; et comment nierais-je cette cause, par qui seule je puis exister ?? »
En termes magnifiques, Robert des Saudrais montre enfin comment l’idée d'un Dieu, éclairant l'esprit, le transforme et l'élève au point qu’elle le fait naître véritablement à la vie de l'intelligence : « Suppose que ce n’est que d'aujourd'hui, que c’est tout à l’heure, à l'instant même, qu'elle s’offre à ton esprit, et que tu sois le premier à lavoir eue ; quel étonnement, quel ravissement! Quelles douces et vives émotions ! Quel changement dans tes idées, dans tes sentimens! Quel contentement en toi-même! Quelle jouissance imprévue et quel empressement à la communiquer à tes semblables ! O comme ils reçoivent, comme ils accueillent cette vérité enfin découverte! Dès ce moment le Monde est une seconde eréation. L'homme n'existait qu'à demi; qu'était-ce que sa pensée bornée ? qu'est-ce que son âme connaissait? qu'est-ce que son cœur aimait ? comme son âme, comme son cœur vont s’agrandir! son âme et son cœur ne pouvaient se suffire à euxmêmes, il leur manquait un Dieu. L'homme le retrouve ; il se sent un être nouveau et toute la nature prend pour lui une forme et une vie nouvelle. »