BLAIZE, t. 1, pp
Laissez-moi Jouir, ou me faites mourir, c’est pour ces
derniers mots qu'il a copié tout le passage : ils expriment tout son désir. Mais il revient promptement des aimables peintures du mystique aux sombres images naturelles à son tempérament et à son état; son commentaire de M. de Bernières est tragique et poussé au noir : « Il revient continuellement, dit-il, sur ces désirs de solitude, toujours néanmoins subordonnés à Ja volonté de Jésus. Mais quel mot, cher ami! « Laissez-vous dévorer à la Providence divine. » Dévorer !.. oui, c’est bien cela. Ah! retenons, pratiquons bien cette leçon qui ne fut jamais plus nécessaire. Les premiers martyrs (un saint Ignace par exemple) aspiraient sans cesse, après l’arène; voilà que nous aussi nous sommes. descendus. Laissons-nous broyer sous la dent des hommes, afin d'entrer dans le sein de Dieu. »
Il n’exagère Pas, Croyez-le : sans doute la situation religieuse, si menaçante paraisse-t-eÎle, ne l’expose pas à de semblables périls : mais lui-même, en ellet, se torture, lui. même se ronge et se dévore, et l'arène dans laquelle il subit SOn trop long martyre est en lui.
Du moins l'exemple et la volonté de son frère, le soutenant, exercent sur lui leur empire. Et'c’est encore sous son influence qu’à présent, Parmi tant de travaux et d’études auxquels, en des sens divers, il applique son activité, il va se consacrer surtout à préparer, puis à écrire, la Tradition de l'Eglise sur l'Institution des Évêques.