‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 195 sur 504 · Ibid., voyez aussi ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., voyez aussi ibid., pp

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et

lPattention des théologiens. Du grand séminaire de Rennes, Pabbé Bruté signalait eau Marié « là matière de l’Église » comme l’objet “capital sur lequel il fallait faire porter tous

les efforts et toute la lumière : « Je le sens plus vivement

que jamais, ajoutait-il, en lisant ces grosses /nstilultiones historiæ ecclesiasticæ du professeur catholique de Vienne que je vous prêtai. C’est presque le pur Febronius, et il est trop à craindre que depuis Joseph ce ne soit l’enseignement dominant de l'Allemagne !. » |

Febronius reconnaît dans le pape le vicaire de Jésus-Christet lui accorde la primauté. Mais il n’y voit qu’une simple prééminence comportant un droit d'inspection, de directionsur les diocèses, sans juridiction d'aucune sorte. Le pouvoir des clefs a été conféré par le Christ au corps entier des fidèles ; il leur appartient à tous radicalement et principalement; les évêques ne l’exercent qu'à titre d’usufruit, et quant au pape, supérieur à chaque évêque en particulier, il ne l’est pas à l’ensemble du corps ea seul vrai souverain de l’Église. En haine de ces principes, « les curialistes », comme les appelle Febronius, ont a excessive la puissance papale. Supprimer cet abus, ce serait ouvrir le véritable chemin de retour à l'unité chrétienne universelle; car. seule la Curie romaine fait obstacle aux plans d'union, seule elle est la cause de la séparation des Églises, l'entrave au retour des protestants et à la conversion des incrovants; et si la centre lisation romaine venait à succomber, Pébrontus ne doute pas qu'il ne se produisit un vaste épanouissement de l’unité religieuse. Pour réaliser l’union, Febronius sapait l’'unité?.

Les prétentions joséphistes des petits princes allemands étaient d’ailleurs un bien moindre péril pour l’Église que les prétentions gallicanes de Napoléon. C’étaient les mêmes tendances et, sous des formes un peu différentes, les mêmes principes ici et là : l'Empereur aussi voulait réduire l'Eglise au rôle d’une institution d'Etat. Les événements se pré #C1P1taient. A partir de juillet 1809, le Pape était prisonnier de l'Empereur excommunié. Mais Pie VIT avait, dès lors, un moyen efficace et simple de continuer la lutte : c'était de refuser systématiquement, comme il en avait le droit, aux

1. Roussez, Lamennais d'après des documents inédits, t. I, p. 41. 2. Cf. Goxau, l'Allemagne religieuse : le Catholicisme, 4vol. in-16, Perrin, 1905-1908, t. I, 1. IT, chap. t, S 1

termes même du Concordat, l'institution canonique aux évêques. Comment l'Empereur aurait-il pu se plaindre, lorsque le Pape motivait ses refus d'institution par son isole- “ment, son impuissance, l'éloignement de ses ministres, la dispersion des congrégations cardinalices, et l'impossibilité de s’informer régulièrement et de se prononcer en connaissance de cause ? Or, plus de vingt diocèses étaient déjà vacants dans l'Empire : qu'adviendrait-il du recrutement du bas clergé, si la querelle se prolongeait encore quelques années ? et quels troubles ne devaient pas résulter d’un tel état de choses ! ?

On conçoit que l'abbé Bruté ait eu hâte, dans ces conditions, de connaître les premiers résultats des recherches de Jean-Marie, et qu’il l'ait en particulier interrogé sur la question de plus en plus brûlante de l'institution des évêques. Le jeune prêtre lui répondit le 20 juillet 1809 : « Je ne suis qu'un pauvre écolier qui commence ses études et qui a besoin qu’on lui donne un peu de temps pour lire les grands livres et pour lixer ses idées. Cependant il me paraît certain que le retour à l’ancien droit ne peut être légitime qu'autant que l'Eglise entière ÿ consentira ; nul ne peut changer, malgré elle, la discipline actuelle ?. » Il semble donc qu'à cette époque les deux frères soient encore pénétrés des enseignements gallicans qui mettent le concile général au-dessus du pape. Du moins sont-ils fermement opposés à l’idée que l'institution canonique puisse avoir lieu en dehors du Saint-Siège : « De qu, par exemple, un métropolitain tiendrait-il le pouvoir d'instituer ses suffragants ? Les anciens canons ont été abolis par l’autorité ecclésiastique, et seule elle peut leur rendre leur première vigueur. Le prince n’a aucun droit sur les choses purement spirituelles, comme plusieurs fois il la reconnu lui-même ; donc un archevêque qui prétendrait donner la mission à ses suffragants, agirait sans titre, et cet acte serait radicalement nul, évidemment schismatique 5. » Mais

Jean-Marie n’a rien de l’esprit si hardiment décisif et si ab-

solu de son frère; il reconnait done qu’une foule de cas sont

embarrassants, compliqués, qu'on n’en peut décider qu'après

un examen attentif: « les circonstances modifient et chan- 1. Desrour, l’Église el l'État, pp. 265-268.

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