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GOURNERIE, P

2, Ibid.

4. Cf. ROUSSEL, Lamennais d’apr. des documents inéd., 3° éd., t. I, pp. 8-

16, et Car. MARECHAL, Sur un fragment inédit de Lamennais (Rev. d'hist. lill. de la France, 16° année, n° 3, juillet-sept. 1909, pp. 571-572).

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t-il, par occasion, et dans un dessein d’édification personnelle. Telle cette note inédite, intitulée : Primauté de saint Pterre, et qui concerne la dévotion à la Sainte Vierge dont il est si pénétré depuis l’époque de la tonsure : « On à un discours de saint Germain, patriarche de Constantinople, sur la mort, ou comme il s'exprime lui-même, sur le sommeil de la Sainte Vierge, sis rdv... ofunouw ti... Meorduov vai adiraobévos Mapéas. Ce discours est curieux sous plusieurs:rapports ; on y voit combien le culte de Marie était répandu dès les premiers siècles, et avec quelle vénération et quelle confiance elle était invoquée des fidèles, empressés de recueillir tous les faits relatifs à . Marie, dont la mémoire s’était conservée en passant de bouche en bouche depuis les Apôtres. Je ne prétends point discutter ici la vérité de ces faits qu'on peut admettre ou rejetter à son gré; mais j’observe l’esprit du Christianisme dès son origine par rapport à Marie, et je me plais à suivre de siècle en siècle cette belle tradition de respect et d'amour pour la mère de Dieu.

« Le Discours de saint Germain me fournit encore le sujet d’une autre remarque intéressante. Il suppose qu'après la mort de la Sainte Vierge à la quelle les Apôtres avaient assisté, saint Pierre engage saint Paul à faire sur le corps de Marie la prière accoutumée (prière pour les morts dès les

premiers siècles). Saint Paul refuse, en disant qu'il convient -

que ce soit Pierre qui prononce cette prière, Pierre le chef et Le prince des Pasteurs. Pierre insiste néanmoins, s’abaissant par humilité au-dessous de Paul (raxewéusvos) parce qu'il avait beaucoup travaillé dans le ministère de la prédication. Cependant Paul ne se rend point, et 1! maintient inviolablement dans la personne de Pierre la promotion de J.-C. Qu'on fasse réflexion que c’est un patriarche de C. P. qui parle ainsi, et l’on sentira toute la force d’un tel aveu. » Félicité donne ensuite le passage en grec, avec la traduction latine de D. Combefis, et l'indication précise de la référence : «Si Germ. Archiepis. constant. Laudatio in sanctam Dormition. Virg. Mariæ. Edit. de Combefis. Parisüs, 1675, in-8, pp: 106-1071.»

Quant à Jean-Marie, les matériaux qu'il amasse et les

L. Inédit. Note manuscrite originale de F. La Mennais à la suite du manuscrit intitulé Mahométisme. Cf. catalogue Charavay d'avril 1911, p. 20, n° 69919. Communiqué par M. Pearson, de. Londres.

bibliographies qu’il dresse le montrent préoccupé du problème de l’institution des Evêques !. Mais tout en s'intéressant

curieusement à ces écrits, avec beaucoup de bon sens il estime qu'il faut d’abord remonter aux sources, lire et relire, et méditer les ouvrages fondamentaux,

Telles étaient, en juillet 1809, les occupations des deux frères. Nulle idée encore, semble-t-il, de composer un ouvrage sur la question de l’/nstitution des Evêques, mais un effort sérieux de documentation et de recherche sur un en-

semble de problèmes actuels et pressants, qui devait les ren-

dre capables, selon les conseils donnés par Mgr de Pressigny, de résoudre bien des difficultés, et de venir en aide au clergé par des avis, dans les circonstances délieates et graves qui sannonçaient. Tandis que Jean-Marie s'attaque de front aux textes, les poursuit, les recueille et les groupe, Félicité, un peu à l’écart et dans l’ombre, continue d’exercer sa verve satirique, et se prépare, par l’étude des questions de méthode et de critique sacrée, à pouvoir mettre en œuvre les matériaux amassés par son frère.

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Les graves et tristes raisons que nous avons analysées plus haut avaient décidé Jean-Marie à laisser l'abbé Bruté

1. Il étudie le Trailé du pouvoir des évêques lorsqu'il y a un empéchement de s'adresser au Saint-Siège, traduit du portugais d'ANTONIO PEREIRA (par M. Vinault. avec des notes du même), Lyon, 1772, in-8 ; l'édition de Febronius de 1789, qu'il juge bien préférable à la traduction française qui parut à Venise en 1766 ; l'ouvrage de FELLER ayant pour titre : Jugegement d'un écrivain protestant touchant le livre de Febronius, Leipzig, 1771, in-8; ou le Jugement imparlial sur les lettres de la Cour de Rome en forme dè bref, tendantes à déroger à certains édits du duc de Parme, et à lui disputer, sous ce prélexte, sa souverainelé temporelle, traduit de l'espagnol (par d'Hermilly, censeur royal), Madrid et Paris, Delalain, 1770,2 vol. in-12 ; ou des ouvrages comme : Anfipapisme révélé, ou les rêves de l’antipapiste (attribué à l'abbé LAURENT), Genève, 1767, in-8 ; l’Aulorilé législative de Rome anéantie, ou examen rapide de l'histoire et des sources du droit canonique, Paris, 1784, in-12 ; les Essais sur la possibilité d'un nouveau droit canonique (par Le Voyer), Londres, 1764, in-12 ; le Mémoire sur les libertés de l'Église gallicane (par l'abbé Micnor), Amsterdam, Paris, 1766, in-12 ; et les Droils de la puissance temporelle défendus contre la seconde partie des actes de l’assemblée du clergé de 1765 (par MAULTRAT), 1777, in-12. (GOURNERIE, pp. 3-4.)

MARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais. 20

306 LA VOIÉ SACRÉE : LES PRÊMIERS ORDRES

s’acheminer seul vers Paris, pour une retraite à Saint-Sulpice. Les circonstances, plus fortes que ses résolutions, le contrai gnirent cependant à partir : il fallait, comme nous l'avons vu, régler le sort des Réflexions sur l'état de l'Eglise. Et ce voyage entrepris à contre-cœur pour sauver d’un imminent péril un ouvrage à peine paru, fut véritablement décisif pour la genèse de la Tradition de l'Eglise sur l'institution des Evêques. Ù |

Le directeur de Saint-Sulpice, M. Émery, était toujours informé le premier, et sûrement, de ce qui concernait l'Église de France. À peine à Paris, Jean-Marie connut donc le détail des événements rapportés plus haut; il sut aussi que Napoléon, assez inquiet de la résistance du Saint-Père, faisait tous ses efforts pour obtenir qu'il renonçât à son refus d’instituer les évêques. C'était précisément en juillet-août 1809 qu’il déclarait consentir à ce que l’institution fût accordée simplement à la requête de son ministre des cultes, sans qu’il fût fait mention de lui dans les bulles d’investiture. Mais le cardinal di Pietro, à qui ce projet fut communiqué à Rome après l'enlèvement du Pape, se contenta de répondre qu'il n'avait pas qualité pour en faire part à Sa Sainteté. L'Empereur se décida alors à envoyer auprès du Pape des négociateurs officieux chargés de la même proposition. Pie VII refusa, se bornant à déclarer que « résigné personnellement à tous les malheurs, il ne procéderait comme pape à l'institution des évêques que lorsqu'il pourrait communiquer librement avec ses conseillers naturels, c’est-à-dire avec les cardinaux, et qu'il aurait toutes facultés pour s’éclairer sur le mérite des candidats proposés par le gouvernement français ! ». Visiblement l’époque approchait où l'Empereur s’eflorcerait de se passer du Pape. Or qu'était, à cet égard, l’enseignement de Saint-Sulpice ? |

M. Boyer y professait alors la théologie, et son enseignenent comprenait deux traités, l’un de la Religion et l’autre de l'Eglise?. À certains indices il est aisé d’entrevoir que sa pensée sur ces matières ne donnait pas pleine satisfaction à quelques-uns des Sulpiciens, à ceux, en particulier, qui composaient la société de l’abbé Jean. Je remarque par exemple

1. Desinour, l’Église ei l'État, pp. 271-274. ns Archives de Saint-Sulpice. Cours (inédit) de théologie de M. Boyer { JT }e

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que, lorsqu'il fait mention des Sulpiciens dont il voudrait posséder la science et les vertus, le 3 septembre 1809, Féli cite « la raison forte et pénétrante de M. Emery », « l’'humble simplicité de M. Duclaux », « l’érudition profonde de M. Garnier », le « zèle ardent de M. de Janson », et « la douce piété de Tesseire! », mais ne dit rien de M. Boyer. N'est-il pas au moins singulier que le directeur dont l’enseignement revêt, dans les circonstances présentes, le plus d’in-

térêt et d'actualité, soit précisément passé sous silence ?

D'autre part, la surprise que manifestait M. Bruté lorsqu'il découvrait, à Rennes, ou plus exactement pressentait les lacunes de l’enseignement théologique sur la question de l'Eglise, son insistance à pousser l'abbé Jean et Félicité à s'informer à fond sur ces matières, n’indiquaient-elles pas que le Trailé de l'Eglise de M. Boyer ne lui paraissait répondre pleinement ni aux exigences de son esprit, ni aux besoins de la situation ? Beaucoup plus tard, revenant sur son attitude de cette époque et des années qui suivirent, M. Boyer définissait ainsi la prudence, jugée par plusieurs excessive,

« qui l’imspirait à Saint-Sulpice : « Le gouvernement, disait-il,

craignoit ou affectoit de craindre de voir l’épiscopat et le Pape ressaisir, dans le temps où nous sommes, antique pouvoir

temporel que s’arrogeoit autrefois l'Eglise, de destituer les

O rois et leurs ministres d'Etat?. » Aussi « les évêques esti-

moient dans leur sagesse devoir céder; et il leur sembloit que la condescendance renfermoit moins de mal que la résistance à un gouvernement de qui l'Eglise tire sa subsistance temporelle? ». Depareilles maximes ne pouvaient évidemment satisfaire l'abbé Bruté, que nous voyions récemment encore reprocher à son évêque sa trop grande condescendance envers le pouvoir civil, n1 l'abbé Jean, qui, avec toute la fougue emportée et généreuse de la jeunesse, s’employait, vers le même temps, à prévenir certaines nominations qu'il estimait scandaleuses, et qu'acceptait Mgr Enoch, jugé vraiment beaucoup trop tiède.

Mais revenons à M. Boyer. Ilinterprétait ainsi « l’ordre » des évêques d’enseigner les quatre articles de la déclaration

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