‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 203 sur 504 · Lettre inédite · texte numérisé non relu

Lettre inédite

2, Rousse, Lamennais d'après des documents inédits, t. I, pp. 38-39.

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laits qu 1l recueillait — il n’en était pourtant pas encore à la

moitié de son travail —, il ajoutait : «J'ai lu, dans les procès verbaux de l’assemblée de 1775, la dédié ratiôn du clergé sur Febronius. Elle est précieuse, quoique vague et faible: Je regrette que, dans l'assemblée suivante, on n’en ait pas fait une censure un peu étendue et motivée; mais cet ouvrage eût été difficile pour nos gallicans, et je pense qu’ils ne furent pas fâchés de recevoir trop tard la lettre de l'archevêque de Trèves, qui leur demandait une condamnation détaillée 1. »

Il n'est pas difficile d'éprouver encore à distance Pintérèt de pareilles recherches à l'heure où des menaces si graves pesaient sur l’Église. C'était précisément alors, en Ronotubre 1809, que Napoléon instituait une commission ecclésiastique et lui confait le soin de rechercher une solution. Elle comprenait le Feu Fesch, Maury, lParchevêque de Tours (de Barral),

l’évêque de Nantes (Duvoisin), et M. Émery, le supérieur de Saint-Sulpice, dont Napoléon appréciait fort la science et le caractère ; on leur adjoignit les évêques de Verceil et d'Évreux, qui semblent n'avoir été que des comparses, et les abbés Frayssinous et de Rauzan, à titre de secrétaires. La commission avait à délibérer sur plusieurs séries de ques-

tions : « L'autorité d’un concile æœcuménique ne serait-elle pas ‘supérieure à celle du pape, et ne.pourrait-on pas y recourir ?

Napoléon n’avait-il pas fidèlement exécuté le Concordat, et ce pacte n’était-il pas en ce moment méconnu ou violé par le souverain pontife ? Par quels moyens pourrait-on, si la résistance du Saint-Père se prolongeait, procurer aux nouveaux évêques l’institution canonique ? Enfin comment pourrait-on prévenir le renouvellement d’excès de pouvoir semblables à l’excommunication dont l’empereur venait d’être atteint?? »

L'abbé Emery sentait vivement la difficulté de pareilles questions, et le double péril de sa position : « Effectivement, écrivait-1l à l’abbé Bruté, je suis associé à l’œuvre dont on vous à parlé. Il a été impossible de décliner. J’espère que je m'en tirerai salva conscientia — cœteris salvis, je lignore; mais la première me suffit. » Et l'abbé Bruté, communiquant ces lignes à Jean-Marie, ajoutait le 6 décomsb se ces mots, où perçaient clairement nu inquiétudes que lui causait le gel.

: RoparTz, p. 104.

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