BLAIZE, t, I, p
DAT NVIT;n 71
3. BLAIZE, t I, pp. 108-109. Ce fragment a été utilisé dans la Tradition, t. II, pp. 230-231. Ce texte prouve que, tandis que Félicité mettait en œuvre les matériaux du 1* volume, Jean-Marie réunissait ceux des volumes suivants. Ce qui, avec l'examen du ms. que je possède, achève d'éclairer la nature de la collaboration des deux frères.
4, Il était ainsi conçu :
« ARTICLE PREMIER. — Conformément à l'esprit des saints canons, les archevêchés et évêchés ne pourront resler vacants plus d’un an, pour tout délai; dans cet espace de temps, la nomination, l'institution et la consécration devront avoir lieu.
« ART. 2. — L'empereur est supplié de continuer à nommer aux sièges vacants, conformément aux concordats, et les évêques nommés par
MarEcrAL. — La Jeunesse de La Mennais. 22
QI paraît qu’on revient à la méthode des signat[ures| particulières, écrit à ce propos Féli à son frère; il est heureux qu'on n'ait pas commencé par là. Aujourd’hui c’est sans danger, et cela ne peut guère avoir de suites. Je suis étonné même qu’on ait recours à un expédient aussi niais; mais tout, dans cette affaire, est marqué au même sceau. N'oublie pas de rechercher la lettre adressée aux Év{éques] par Pie VIL à son avènement. La fermeté du’ c|ardin/al F[esch] est peutêtre le moyen dont Dieu se sert pour sauver l'Église. S'il eût cédé, je ne sais où nous en serions. Au reste, c’est une plaisante manière d'interroger les Ev|êques] que de leur donner la question; on ne s'était pas avisé encore de faire des prisons autant de cénacles. IL faudra bientôt que le concile rende ses décrets sur l’échafaud, et alors le bourreau sera le grand protecteur des canons. Il n’y aura pas beaucoup de changement. »
L'ouvrage de Félicité, à travers tout ce tumulte, marchait assez lentement puisque, vers la fin de juillet, nous ne le trouvons avancé que d’une quarantaine de pages ; il en est à la page 137 du manuscrit, et à l’article 32, où il rapporte l’histoire de ce Sergius, évêque de Joppé, qui « s'étant emparé du siège de Jérusalem, ordonna plusieurs Évèques avant d’avoir été lui-même confirmé ». Ceux qu'il avait ainsi ordonnés jugèrent qu'ils « n'avaient pu recevoir la juridiction d'un Évèque qui lui-même ne Pavait point reçue du Pape ». Mais ici Félicité se trouvait arrêté : « Je n'ai quasi rien fait depuis que départ, écrit-il, je choppe sur Joppé, et
l'empereur s’adresseront à N. S. P.le Pape pour l'institution canonique.
« ART. 3. — Dans les six mois qui suivront la notification faite au pape par les voies d'usage de ladite nomination, le pape donnera l'institution canonique conformément aux concordats.
«Arr. 4. — Les six mois expirés sans que le pape ait accordé l'institution, le métropolitain ou, à son défaut, le plus ancien évêque de la province ecclésiastique procédera à l'institution de l'évêque nommé. S'il s'agit d'instituer le métropolitain, le plus ancien évèque conférera l’institution.
« ART. 5. — Le présent sera soumis à l'approbation de notre Saint Père le Pape, et, à cet effet, Sa Majesté sera suppliée de permettre qu'une députation de six évêques se rende auprès de Sa Sainteté pour le prier de confirmer ce décret, qui seul peut mettre un terme aux maux des Églises de France et d'Ilalie. »
Ce dernier article rendait du moins au Pape tout ce que les précédents semblaient d’abord lui enlever. (Cf. DeBinour, l'Église et l'Élat,