‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 22 sur 504 · Inédit. Zbid., pp. 16-17. 3. Inédit. /bid., p · texte numérisé non relu

Inédit. Zbid., pp. 16-17. 3. Inédit. /bid., p

« Voulant enfin me connaître moi et tout ce qui n’est pas moi, je me suis mis à interroger toutes choses, et j'ai demandé au soleil, qu’es-tu, et que suis-je? Æt le soleil m’a répondu; je suis la lumière du Monde, celui par qui tu vois, qui mets sous tes yeux la Nature et t’associe à tous les êtres : c’est ma chaleur qui anime, te vivifie et te soutient, et sans elle tu n’existerais pas; quant à ce que tu es, je te jure que je n’en sais rien; mais si tu veux en savoir davantage, parle à celui qui est et par qui je suis!. » Il interroge ainsi successivement l’air, la mer, la terre, l’homme enfin à reçoit toujours la même réponse; écoutons son dialogue avec l’homme : « Alors, m'adressant à l’homme, je lui ai demandé, qu’es-tu, et que suis-je? et l’homme m'a répondu; je suis un être sentant et por mais ] ignore comment je pense et comment je sens ; j'ignore d’où je viens, où je suis, où je vas; j’ai quelque idée de tout, et je ne sais rien; si tu veux en savoir plus que moi, parle à celui qui est, et par qui je suis; et j’ai dit à l’homme, tu ne t’es donc pas fait toi-même ? et il en est convenu, parce qu'a-t-il dit, il n’y a point d'effet sans cause; — il y a donc un Dieu? et il en est convenu, parce qu’a-t-il dit, lui seul peutêtre l’auteur des choses. Nous sommes tous son ouvrage, il peut donc le conserver; et il en est convenu, parce qu’a-t-1l dit, il répugne de voir l'Éternel défaire ce qu “il a fait et, d’un instant à l’autre, ne plus être semblable à lui-même — S'ilte conserve, l’âme est donc immortelle? et il en est convenu. Oh!! convenons donc encore ensemble que si âme est immortelle, cette vérité ou même ce doute, vaut bien la peine qu’on y pense?. »

Pascal est appelé sur-le-champ en témoignage, et presque textuellement cité : « Incapables d'ignorer had et de savoir certainement, entre ces deux états, nous voguons comme à l’aventure, et souvent même, nous abandonnant au gré des vents, nous ne nous informons pas si le vaisseau suit sa route, si le pilote gouverne, si la manœuvre s'exécute, s’il reste quelque espérance d'arriver au port. Que dis-je ? au milieu des mers, au fort de la tempête, on prétend qu’il n’y a point de terre où aborder, qu’il n ÿ a point de Port, que nul pilote n’a su où ilallait, et qu’il n’y à autre chose à faire que

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