‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 221 sur 504 · bid., pp. 62-63. Inédit · texte numérisé non relu

bid., pp. 62-63. Inédit

a depuis attribués, que nous les voyons recourir au Pape jusque du fond de l’Orient quand les circonstances rendoient nécessaire la déposition de quelqu'un d’entre eux !. » Et saint Ambroise ne blâme-t-il pas Flavien, en 392, de n'avoir pas soumis son élection à lapprobation de lévêque de Rome ? Il lui reproche de s’être cru au-dessus des lois : «On l'entend: au jugement de saint Ambroise, tout évêque dont le Saint-Siège n’avoit pas confirmé l’ordination était réprouvé par les loix de l’Église, ex lex (sic), c’est son expression?.» Telle est la discipline dont témoignent successivement tous les faits qui nous furent transmis : « Maintenant, qu’on nous dise, si on l’ose, que le droit de confirmer les premiers Pasteurs, réclamé parles Souverains Pontifes, est une usurpation dont l’origine ne remonte pas au delà du dixième siècle. Saint Jérôme, saint Ambroise vivoient-ils dans le dixième siècle ? Où en est-on, s’il faut combattre sérieusement tant d’ignorance ou de mauvaise foi? »

Febronius est ici visé; mais il est pris à partie directement un peu plus loin, avec ses expédients « où son adresse brille infiniment plus que sa bonne foi ; si tant est néanmoins qu'on puisse décorer du nom d'adresse de si grossiers artifices. [l est vrai qu'il sait quelquelois en employer à propos

de plus délicats, et même il lui arrive de pousser si loin la.

finesse qu’on a peine à se défendre d'y trouver un peu d’excèsi » : avec quelle « impudence » digne de soulever le « mépris », et capable seulement de tromper « l’imbécillité », « ne tronque-t-il pas les passages les plus décisifs qui le génent»? Le jeune apologiste en cite des exemples topiques, et, pour achever son adversaire, il ajoute: « Maintenant que nous avons détruit les honteuses chicanes de Febronius, et dévoilé sa révoltante mauvaise foi, nous lui demanderons, ainsi qu’à tous ceux qui soutiennent la même doctrine, s'ils s'entendent bien eux-mêmes quand ils insistent si fortement sur ces lettres de communion que les évêques élus mettaient tant d'intérêt à obtenir des Souverains Pontifes, » Elles sont

. Ms., p.67. Inédit.

. Ibid., p. 69. Inédit.

. Ibid., p. 70. Inédit.

. Ibid., p. 79. Inédit.

. Ibid., p. 80. Expressions inéd.

..1bid., p. 83. Inédit.

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une véritable confirmation, absolument nécessaire à l’exercice du ministère.

On voit à quel ton était montée la polémique sous la plume de Félicité !. L’auteur n’a pas seulement recours aux preuves directes, mais souvent encore. aux arguments indirects: par exemple, il cite le cas de Théodoret qui, déposé dans « le faux concile d’ Éphèse », s’en était rapporté sans réserve à la décision du pape saint Léon pour son rétablissement. « Il - nest pas sans doute besoin d’avertir qu’en rapportant ce trait touchant de la soumission de Théodoret, et de sa pro- À fonde révérence envers le Saint-Siège, notre intention n’a pas + été d’en tirer une preuve directe du droit des Papes sur la - confirmation des évêques. Toutelois, ce seroit avoir bien mal saisi cette importante question, que de ne pas sentir par … combien de rapports le pouvoir d’instituer se lie à toutes les … autres branches dela juridiction pontificale. Toutse tient, tout « s’enchaine dans cette juridiction, tout s’appuie mutuellement; + en sorte qu'on n’en peut fortilier ni affoiblir un seul point - sans affoiblir ou fortifier en même temps toûs les autres?. » - Cette liaison étroite des parties réciproquement dépendantes, 1 ce chef-d'œuvre de la raison divine enchante déjà Félicité ; - seule, elle lui rend tolérable l’aridité de son travail, dont il éprouve si fortement l’ennu qu'il croit devoir s’en excuser auprès de son lecteur ; après avoir encore rapporté de nombreux faits de confirmation par les papes en Orient anté- “ rieurs au cinquième siècle, il ajoute: « Les exemples du

même genre se multiplient avec les monumens, et avant de sortir du cinquième siècle, nous en avons encore plusieurs à rapporter. En rassemblant un si grand nombre de faits arides et uniformes, arides parce qu’ils sont détachés, uniformes parce qu'ils sont concluans, notre seule crainte est qu'on ne nous reproche d’abuser de labondance de nos preuves, et de fatiguer le lecteur à force d’évidence. Mas nous supplions de considérer... qu'après tout il s’agit, non d’amuser un instant les esprits frivoles par le charme d’une > narration variée, mais de constater par des faits certains la tradition de l'Eglise sur un point de discipline intimement

1. Ailleurs, il déclarera, plus violemment encore « que le Patriarche des modernes adversaires de la Primauté des Papes, a menti sciemment à la vérité et à lui-même ». (Ms., pp. 110-111. Inéd.)

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