Ibid., p
PE
teries sur la visite des inspecteurs !, ou, dans une lettre à
Bruté, sur un ton de pince-sans-rire, de vigoureux coups de
griffe à l'adresse de Tabaraud.
Tout change à la fin de juillet: 1l envie ceux qui savent conserver la paix au milieu des douleurs « de l’âme, des secrètes angoisses d’un cœur malade, où les sentiments les plus doux s’aigrissent, et qui n’a de force que pour se tourmenter lui-même ». De quelque côté qu'il tourne les yeux, il ne voit
plus € qu'un horizon menaçant; de noires et pesantes nuées
s’en détachent de temps en temps et dévastent tout sur leur passage ». Il n’y a plus pour lui « d'autre saison que la saison des tempêtes ? ». |
Qu'est-il donc arrivé ? Quel fatal événement ? « /ncapable de travailler, j'ai beaucoup souffert ces deux derniers jours 3. » Le 18 août, il écrit encore à son ami Querret une lettre # qui n’est qu'une longue plaisanterie, mais en octobre, il aura dû renoncer tout à fat, pour un temps, à la Tradition, et la désolation dixiendrs décidément son lot. On lui congeille la joie: se moque-t-on? « Est-ce par goût qu'on est malade et qu’on souffre ? » Qu'on lui dise plutôt « comme le sauvage à
son fils : souffre et tais-toi. Au moins j'entends ce langage ; il est dur, mais il est vrai?. » Notez qu'il avait d’abord écrit : « Îl est dur parce qu’il est vrai6». C’était encore pis.
D'où vient sa tristesse ? Pourquoi veut-il passer le reste de sa vie dans la solitude, oublié de tous, et s’il se pouvait, de lui-même ? «Je ne saurais travailler,mais les livres me distraient 7. » La note est toujours la même : écrire est l’unique remède, et l’unique divertissement, au sens où le prend Paseal, capable de lapaiser. Les circonstances l’en priventà présent: aussi, ne se conpaît-il plus; il tombe « dans un état d’affaissement incompréhensible 8 ». Rien ne le remue, rien ne l’intéresse, tout le dégoûte. Aussi, il lui faut faire un effort presque inoui pour se lever. La pensée le fatigue ; ; sa sensibilité s'éteint ; de désirs, il n’en a plus. IF à usé la vie.