‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 238 sur 504 · Cf. BLAIZE, t. I, pp · texte numérisé non relu

Cf. BLAIZE, t. I, pp

habilare fratres in unum ! in unum ! dans la parfaite, immense et indéfectible unité qui embrasse tous les lieux et tous les temps. Oh! encore une fois, quam bonum et jacundum!! »

Telles sont ses dispositions au moment d'entrer en retraite, le 1 novembre 1811. Mais il n’en attend pas une guérison

qu'il se défend même de souhaiter?. Il lit alors les Lettres

édifiantes, et Fénelon lui dicte l'attitude à laquelle il s’efforce si vainement d’être fidèle : abandon parlait dans les peines intérieures. À ses heures d’abattement, Félicité pousse l'application du précepte si loin qu’il dépasse le quiétisme, pour tomber dans une sorte de scepticisme pratique, dans cette indifférence, dans cette apathie qui, à vrai dire, est une des formes, la forme découragée de son mal, et glissant à cet état, 1] s’'abandonne à une philosophie humaine et profane où l'esprit chrétien ne se laisse plus guère entrevoir; ce sont les étapes faciles à suivre dans ces lignes : « Il ne faut pas se eplaindr de souffrir ce que tant d’autres ont souffert. La fin d’ailleurs, quelle qu’elle soit, est toujours prochaine, Adhuc modicum. Je ne me sens aucun désir ni de vie, ni de mort, ni de joie, ni de douleur. Tout m'est bon, parce que tout m'est, ce me semble, également indifférent. La vue de ces Champs qui se flétrissent, ces feuilles qui tombent, ce vent qui souffle ou qui murmure, n’apportent à mon esprit aucune pensée, à mon cœur aucun sentiment. Tout ghsse sur un fond d’apathie stupide et amère. Cependant les jours passent, et les mois, et les années emportent la vie dans leur fuite rapide. Au milieu de ce vaste océan des âges, quoi de mieux à faire que de se coucher, comme Ulysse, au fond de sa petite nacelle, la laissant errer au gré des flots, et attendant en paix le moment où ils se refermerontsur elle pour jamais ? Je sais bien que c’est là de la philosophie humaine, mais tout n’est pas erreur dans la sagesse de l’homme, comme tout n’est pas folie dans sa raison 3, »

Le voilà donc, abandonné, glissant du quiétisme à l’épicurisme. On n’a pas eu tort de remarquer qu’en s'inspirant des Leltres spiriluelles de Fénelon — elles faisaient partie de la collection des Lettres édifiantes qu'il conservait à la Chenaie — il en tiraitune sorte de Fénelon romantique assez

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