‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 250 sur 504 · Ibid., t. I,. p · texte numérisé non relu

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- avons pour 12.000 francs d'obligations : ne serait-il pas juste que ceux pour qui nous les avons contractées, et qui en recueilleront le fruit, contribuassent au moins en partie à les acquitter ? Je t’'engage à en parler en mon nom à Monseigneur, à qui j'en écrira s’il le faut. Nous avons été assez dupes, et e’est un rôle dont je suis las!. » Quelques jours après, en juin 1812, il se rassure lui-même au sujet de la bibliothèque qu'il avait réunie : « Tu peux être fort tranquille sur nos livres ; je puis, je crois, t’assurer que nous n’en perdrons aucun. Encore une fois, Dieu soit béni, et que sa sainte volonté s’accomplisse : Momentaneüm ei leve bst hoc iribulationis nosiræ pro gloria pondus, oh oui! bien léger ; qui ne s'étonnerait que le ciel s’achète à si bon marché?? » Mais voilà qui est plus fort : en juillet, à l’heure où le décret va s’exécuter, à quoi pense notre désolé professeur ? et de quel œil envisage-t-il, à la Chenaiïe, la fermeture du petit séminaire ? « Tu feras pour la poissonnière et la braisière ce que tu jugeras à propos ; seulement Je crois que ces deux objets nous sont nécessaires où du moins utiles, et qu’il faut profiter de la circonstance pour n’avoir pas à y revenir plus tard. [Il nous manque encore une cuillère à pot, des saladiers, des pots de terre, petits et grands, pour-cuire les herbes et les choux pour la soupe, un sucrier ; il y à de tout cela au séminaire, et tout cela se revendra pour rien; il faut s’en - garnir plus que moins. Jean demande aussi les Drosiie et les - pinceaux pour les souliers 3. ». Homme d'intérieur, il monte son ménage et garnit la cuisine de la Chenaie avec les débris du collège.

Gardons-nous d'oublier ces lignes en lisant la très belle lettre — disons même l'hymne de résignation joyeuse — qu'écrit en août Félicité ; on vient de fermer le petit séminaire ; il prend la plume, et se console : « Encore une destruction ! bientôt on ne les pourra plus compter, et M souvenirs mêmes ne seront que des ruines. Cher ami, je vous écris le cœur serré et les larmes aux veux. À Te vue de ce fleuve de calamités, qui ne cesse d’inonder l'Église, et dont les eaux sans cesse croissantes menacent de tot renverser, je ne serais, je vous l'avoue, que trop porté à l'abattement.

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