Ibid., p. cxvrnr
position si évidemment impie qu’elle se détruit de soi-même ; l’énoncer, c’est la réfuter.
« L'histoire des Conciles de Constance et de Bâle, de la Pragmatique sanction et du Concile de Trente, prouve qu’en France mème on n’a jamais mis en question le droit des Pontiles romains sur la confirmation des évêques; droit que l'Église gallicane, fidèle aux principes qu’elle avoit hérités de ses saints fondateurs, s’est plu à proclamer jusque dans ces derniers temps, avec une fermeté et une constance aussi honorables pour elle que désespérantes pour les novateurs!. »
A travers toute cette démonstration s’accuse de la façon la plus nette, en beaucoup d’endroits, la dette de Félicité à l’égard de Bonald et de Bossuet.
Ét par exemple, s’il veut s'expliquer la constitution de l'Église, selon la méthode que l’on à rappelée plus haut, ce n’est pas dans un autre esprit que celui de Bonald qu “1 Ja conçoit ; il en fait, avec l’auteur de la Théorie du pouvoir, l'expression même de la nature des choses, c’est-à-dire de la loi divine en tant qu’elle organise le monde moral selon des principes immuables, comme ceux qui régissent le monde physique ; en sorte que le Pape lui-même ne “pourrait, quand même il le voudrait, altérer cette constitution. C’est l’histoire qui lui en révèle, comme à Bonald, le principe et les développements : « La plus sûre méthode, selon nous, pour ne se point égarer en cette matière, est de ‘considérer le gouverne-
ment de l'Eglise en lui-même, dans son institution “primitive et dans ses “développemens successifs, tels que l’histoire nous les fait connoître. Il s’agit de savoir, non ce qui auroit pu être, mais ce qui à été; non ce que J.-C. auroit pu établir, mais ce qu'il a établi réellement. On ne devine point les pensées de Dieu, et l'Église est la plus divine de ces pensées
« Le principe de sa constitution se trouve dans cette prièré du Rédempteur à son Père: « Qu'ils soient un comme nous «sommes un ! » Or, sans un centre, point d’unité; sans une subordination graduée point de centre ; point de subordination sans ‘un chef.
« Un chef unique, souverain, est donc, par la nature même des choses, la base de tout l’édifice?... »