‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 259 sur 504 · Ibid., pp. 1x-x · texte numérisé non relu

Ibid., pp. 1x-x

Les droits qu'impose aux Papes cette constitution naturelle et divine sont inaliénables : « Quand les Papes y voudroient renoncer, ils ne le pourroient pas : quand, chose impossible, ils abdiqueroïent solennellement les dons de Jésus-Christ, Jésus-Christ ne ratifieroit point cette abdication sacrilège. Leur puissance ne s'étend pas jusqu'à altérer la constitution de l'Eglise dont ils font partie, et tout acte qui y porte atteinte est nul de soi. »

La pensée de Bonald est reconnaisable encore dans la page qui décrit les progrès insensibles de la constitution religieuse : « Toutes les institutions nécessaires, amenées, développées par le temps, sous la direction des saintes règles, ont germé en quelque sorte, ont crù et sont arrivées à leur perfection, sans qu'on puisse dire d'aucune, voilà le moment où elle a commencé. De là ces coutumes antiques dont personne ne connoïit l’origine, parce qu’établies insensiblement, on ne sauroit assigner l’époque précise de leur naissance: le voile qui la couvre est le voile du sanctuaire, qui cache aux yeux des mortels les mystères de la Divinité. I n’en est pas des œuvres de Dieu comme des ouvrages de l’homme. Tout se lie dans les premiers par un étroit, mais imperceptible enchaînement : l’œil le plus perçant n'y saurait découvrir aucun point de division, ni rien de ce qui annonce la force fugitive de l’homme, qui, borné à un point de la durée, et pour ainsi dire isolé du passé et de l'avenir, imprime à toutes ses productions, je ne sais quel caractère tranchant, qui les sépare de tout ce qui les environne. Ses plans incertains et variables sont dans une perpétuelle opposition avec le plan perpétuel et unique de la Providence, Cependant aveugle et remuant, il faut qu'il agisse, et on remarque son action dans l'univers, comme sur une glace polie et brillante, on aperçoit l'empreinte du doigt d’un enfant ?. »

Le progrès naturel et nécessaire de la constitution religieuse, que Bonald avait décrit en des termes très analogues, lui avait paru semblable, on ne l’a pas oublié, à celui de la constitution politique ; c’est à l'inspiration de cette doctrine, dont la Théorie du pouvoir avait si complètement démontré la valeur, que Félicité rapproche l’histoire de l'Église de celle de

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