‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 260 sur 504 · Ibid., t. II, pp · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, pp

ni done 28 D'HBUUS de RS von RS EG Le SLR Ge SN

la monarchie française : « Qui ne voit, écrit-il, que le mode d'administration a dù être progressivement modifié à mesure que la foi s’étendoit et que les Eglises se multiplioient ? L'histoire de la monarchie française nous fournit plus d’un exemple de pareils changemens. Nos Rois, qui rendoient d’abord la justice en personne, distraits par d’autres soins, confèrent cette auguste fonction à des corps nommés parlemens. Croira-t-on que ces corps créés par le monarque, et simples ministres de l'autorité royale, eussent le droit de l’entraver et de la limiter ? Ils l’ont prétendu, nousle savons ; mais quand ? Lorsque déjà les ténèbres s’étoient accumulées sur leur origine; lorsqu'un secret esprit d'indépendance fermentoit dans ces assemblées comme dans la nation; lorsque la plupart des membres qui les composoient, cessant de se considérer comme les officiers du Roi, voulurent être les représentans du peuple, en qui on s’imagina que résidoit la souveraineté. Ces idées prodigieuses, qui devoient infailliblement renverser l’ordre politique, ne différoient pas au fond de celles qui peu de temps auparavant avoient bouleversé l’ordre spirituel. Le peuple souverain étoit aussi le eri des novateurs du quinzième siècle : maxime funeste, née dans des

. temps de malheurs et de désordres, et qui attestoit la grandeur

des maux aux quels elle venoit mettre le comble. On en voit le premier germe se développer dans le grand schisme d'Occident. Le peuple, las d'ignorer à qui il devoit obéir, se laissa persuader aisément qu'il devoit commander. Bientôt ses pasteurs ne furent plus que ses délégués. La juridiction appartint originairement au corps des fidèles, etla démocratie ecclésiastique fut établie au moins en principe. De là le droit qu’on accorda à la multitude de choisir ses ministres, de là encore le pouvoir de les juger, et même le premier de tous, dans les Conciles qui la représentoient, et qui, changeant de nature, deviennent comme les parlemens de ce nouvel état. Qu’arriva-t-il cependant ? que le peuple ne se erut pas plus tôt le maître de ses chefs, qu'il voulut se passer de chefs. Deux grands partis se formèrent dans la société religieuse, et dans la société politique : l’un en criant: guerre au Pape, et en abolissant la hiérarchie, détruisit la religion, ou n’en conserva que l’ombre; l’autre en eriant : guerre aux Rois ! et en sapant successivement toutes les institutions sociales, frappa à mort la société même, et offrit au monde le spectacle

Page 1