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Ibid., p. xcxim

MARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais. 26

peuple, et ce même peuple, qui la leur à donnée, peut la leur ôter quand il lui plait, même sans raison, parce qu'il n’a pas besoin de raison, dit Jurieu, pour rendre ses actes valides, et que son caprice est la loi suprême. L'expérience n'a que trop prouvé que ces maximes ne sont pas des mots sans effet, et nous avons vu la pratique de cette sublime théorie.

«… Bossuet et M. de Bonald ont fait voir à quels excès conduit le dogme de la souveraineté du peuple, adopté par les Protestans et développé par J.-J. Rousseau. L'application qu’on en a faite à la France est récente encore, et l’on peut juger de la doctrine par ses effets. Si ceux dont nous avons été témoins ne suffisent pas pour éclairer les gouvernemens, il n’y a plus qu'à baisser les yeux et à rougir en silence de la raison humaine. »

Les arguments que Bossuet empruntait au spectacle de la Révolution d’Angleterreet des troubles de l'Allemagne, pour les adresser à Louis XIV, ces mêmes arguments, élaborés philosophiquement par Bonald en présence de la Révolution française, sont, repris par Félicité, destinés à Napoléon.

Ils puisent une force nouvelle dans cette conception de la logique de l'erreur dont l’auteur de la Tradition doit la formule à celui de la Théorie du pouvoir ; «Qu'on y prenne garde écrit-il, on n'arrête pas où l’on veut un faux principe. L’erreur est comme ces plantes parasites, qui montent sans cesse jusqu'à ce qu’elles soient arrivées au sommet de l'arbre qu’elles serrent et étouffent dans leurs mortels embrassemens ?. » Les erreurs ne sont jamais, chez les princes ou chez les sujets, que les prétextes des passions contre l’ordre : « Partout où il existe entre les hommes un certain ordre d’où naît d’une part le droit du commandement, et de l’autre le devoir de l’obéissance, soyez sûr qu'il y à dans les inférieurs un secret penchant à renverser cet ordre. Que des esprits emportés sachent réveiller à propos ce penchant, l’exciter, l’échauffer, l’enivrer, pour ainsi dire, ils feront les schismes

.dans l'Église et les révolutions dans l'État. C’est le combat

éternel de l’anarchie contre la société, combat qui, la tenant sans cesse en haleine, l'empêche de s’assoupir, ranime son énergie, et peut-être est nécessaire à sa Conservation?. »

1. Trad., t. I, Introd., pp. XCxITI-XCxWV. 2. Ibid., p. XLIT.

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