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= Contre ces efforts sans cesse renouvelés du désordre, Félicité de La Mennais invoque, comme l’ont fait Bossuet et:
Bonald, la doctrine catholique sur le gouvernement des s0ciétés MOTTE « Dans la société politique comme dans la société religieuse, l'Église nous apprend à révérer un pou-
voir qui vient de pas et commande au nom de Dieu; un
pouvoir par conséquent inviolable, qu’ on ne peut attaquer
Sans crime, et qui n’est responsable à nul autre qu'à l’Etre
tout puissant qu'il représente, et qui l’institua. Elle nous montre deux chefs, l’un civil, l’autre spirituel, qui, dans deux ordres différens et parfaitement distincts, ont un égal droit à notre obéissance, en tout ce qui ne choque pas évidemment
la loi naturelle et divine. Qu'ils demeurent sincèrement unis
sans chercher à envahir l'autorité l’un de l’autre, et toutes les passions se viendront briser contre leur puissance imprescriptible. L” Église sera tranquille et florissante sous la protection de l'Empire, et l'Empire, défendu par la religion dans la conscience des sujets, participera à l'immortalité de l'Église!. »
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On ne saurait donc méconnaître l’influence prépondérante de Bossuet et de Bonald sur la pensée du rédacteur de la Tradition de l'Église sur l’Institution des Évêques.Toutelois, se borner à cette constatation serait négliger le véritable Intérêt historique et psychologique de l’ouvrage. Bonald et Bossuet ont aussi présidé à l’œuvre des Réflexions : mais là, nulle
divergence de vues entre eux et Félicité de La Meatoise on n’en une dire autant aujourd’hui.
C’est qu’un adversaire nouveau s’est élevé contre les doc-
trines dont les auteurs de la Tradition se sont institués dé-
fenseurs. Cet adversaire, dont on a étudié plus haut les positions maîtresses, c’est Tabaraud, dans son Essai hislorique el critique sur l'institution canonique des Évéques. En croisant le fer avec lui, en s’opposant pied à pied, page à page,
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à ses assertions, non seulement Félicité,a Vu s0n.ouvrape augmenter et s'étendre, mais encore, S68 idées elles-mêmes se précisant et s’accentuant, les besoins de la polémique l'ont conduit à dépasser de beaucoup ces positions moyennes auxquelles Bossuet et Bonald avaient cru se pouvoir tenir.
Sans doute, en mainte rencontre, Bossuet est invoqué contre Tabaraud. S'il s’agit par exemple pour Félicité de justilier l'attitude générale qu'il adopte dans ses volumes, et le ton sur lequel il le prend avec Tabaraud, c’est à Bossuet qu'il fait appel : € Notre dessein, dit-il, fut d’abord de passer sous silence cette production misérable, dont le plus léger défaut est de n’offrir qu'un continuel paralogisme ; mais nous ne tardämes pas à changer d'avis, en lisant ces paroles qu’écrivoit Bossuet dans une occasion semblable : «Je crois qu'il « est nécessaire de résister à ces nouveautés, et non seule- « ment par des discours, mais encore par des censures ex- « presses. Il ne faut pas se flatter sur l’impertinence de « l’auteur, qui fera tomber son livre comme de lui-même ; « car, tout ignorant qu'il est, 1l se donne un air de savoir, qui « éblouira tous les esprits médiocres, dont le nombre est le « plus grand parmi les hommes, et qui flatte la pente du « siècle, » Nous avons donc parlé de M. Tabaraud et de son livre. Peut-être trouvera-t-on que nous nous expliquons sur ses sentiments avec une franchise un peu rude. Nous ne pensons pas néanmoins qu'il puisse se plaindre avec équité. Sans doute un auteur vivant a droit à des égards ; mais la vérité, la justice ont leurs droits aussi. Il y a des choses que la charité ordonne de dire avec force, quelque dures qu’elles soient à l’'amour-propre de ceux à qui elles s'adressent 1...»
Ces vérités, l’auteur de la Tradition ne les a pas ménagées à Tabaraud ; il a, sur ce point tout au moins, Suivi les prescriptions de Bossuet à la lettre; on en jugera par ce spécimen : € Tronquer les paroles d'un auteur, écrit Félicité, pour en imposer sur ses vrais sentiments, c’est toujours un artifice bas; mais lorsqu'on emploie cette vile ruse pour tromper les fidèles et les pasteurs mémes, dans un moment où l’Eglise en souffrance et remplie d’effroi voit ses plus chers intérêts compromis, l'infidélité prend alors un caractère tellement odieux, qu’on ne trouve point d’expres-