‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 265 sur 504 · Trad., t. II, pp · texte numérisé non relu

Trad., t. II, pp

division. Ils disent au Prince: Tu peux tout, pour l’engager à tout entreprendre ; ils disent au peuple : Ta volonté est l'autorité suprême, pour le disposer peu à peu à n’en reconnaître aucune autre. Tantôt, au nom de la liberté, ils transforment l'Eglise en république ; tantôt ils en font la conquête

d’un chef étranger. Flatteurs des Rois par intérêt, leurs secrets: en dhas comme leurs principes avoués les entrainent avec une force invincible vers l'indépendance absolne.

Laissez-les faire, d’antiquité en antiquité ils remonteront jusqu'au chaos, véritable objet de leurs vœux et infaillible résultat de leurs doctrines!.» Félicité se voit donc en présence d'un adversaire qui résume en Jui seul, à ses veux, la tradition séculaire des révoltés contre l'Église. C’est autre chose, pour un lutteur de sa trempe, que les poussiéreux in-folio de Febronius ou de Van Espen. Et comme il le prend corps à corps et bataille contre lui avec l’ardente animosité que l’on vient d’entrevoir, 1l sent bientôt que les positions de Bossuet et de Bonald ne suffisent plus à contenir un adversaire dont les thèses sont appuyées par l'épée d’un Napoléon.

À vrai dire, cette vive impression ne fait que donner corps pour lui aux sentiments et aux tendances qu'a développés, depuis qu'il participe au travail de la Tradition, le spectacle du conflit entrele Pape etl’Empereur. Jamais les événements n'avaient montré avec une plus claire évidence la nécessité d’un chef suprême, gardien infaillible de l'unité, uniquement obéi dans l'Église. Et parce qu’en un autre temps, où les besoins n étaient pas les mêmes, l’enseignement d'un Bossuet avait laissé place à quelque équivoque sur l'étendue des prérogatives pontificales, Félicité se voit conduit à dépasser Bossuet et par conséquent, plus d’une fois, à le combattre : « On doit croire, écrit-il à ce sujet, que nous ne nous sommes pas décidés légèrement à contredire Bossuet. Personne, nous l’osons dire, n’a plus d’admiration que nous pour cet illustre Évêque, et quand nous avons réluté quelques-unes de ses opinions, nous ne faisions à nos propres yeux que remplir loffice de l’esclave, qui suivait le

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