‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 272 sur 504 · Tbid., pp. vrrr-rx · texte numérisé non relu

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on ne connaît qu 'imparfaitement la religion. On s’est joué sur des surfaces, au lieu de pénétrer dans les profondeurs du chris-

tianisme, et de creuser, si lon peut ainsi parler, dans ses

entrailles. Qu’arrive-t-1l cependant ? Que les préjugés d’un ou de quelques hommes, adoptés de confiance, deviennent plus ou moins vite les préjugés d’une école, quelquetois les préjugés de toute une Eglise. Et ce qui sembleroit devoir être le remède à ce mal, lPaggrave au contraire presque toujours : car,

lorsque dans la suite, peu satisfait de cette maigre et stérile

science qui s’acquiert sur les bancs, on commence de se livrer à des recherches plus approfondies, on porte dans l’étude de Pantiquité un esprit imbu de principes arrêtés d'avance, et dont il est fort rare qu’on se départe, parce que, ne se défiant point de leur vérité, au lieu d'examiner ces principes sur la tradition, on accommode la tradition à ces principes !. » Certes, il ne faudrait pas voir dans cette page une rupture

avec Saint-Sulpice; rien n’est plus éloigné de l'esprit des deux

frères. Mais sans briser avec lui, pas plus qu'avec Bossuet ni Bonald, c’est à le dépasser qu “ls s'appliquent. Saint-Sulpice, par sa théologie tout au moins, si orienté qu’il soit sous Pimpulsion de M. Émery, dans É voies ultramontaines, demeure encore gallican. Napoléon n’aurait point toléré qu “il fût autre. Or, que servent ces ménagements ? Le Pape est en prison, et plus d’un évêque, servilement, ploie sous la menace. Mais la fermeté du Pape, du moins, peut tout sauver, elle sauve tout : la véritable liberté n’a point ailleurs son refuge. Comment dès lors consentir à rester sur les positions gallicanes de M. Émery et de Saint-Sulpice ? Comment s’accorder avec l'abbé Fleury ? Sans doute les adversaires du Saint-Siège ont exagéré son ‘hostilité contre Rome; M. Émery la prouvé dans ses éditions successives des Opuscules et des Nouveaux Opuscules. Et pourtant, il n’a pas eu raison de s’en tenir à cette doctrine, même ainsi corrigée ; car Fleury reste plein de préjugés : « Nourri dans les préjugés parlementaires, il en conserva toujours le fond, même en en corrigeant quelques excès : de là les réticences insidieuses, les altérations de textes, et toutes les fautes enfin qu’on lui a justement reprochées. » Fleury — le Fleury des Opuscules, le Fleury de Saint-Sulpice et de M. Émery —

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