‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 273 sur 504 · Trad.,t. 1, Introd,, pp. xVIm-xIx · texte numérisé non relu

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est laissé bien loin en arrière. Gallicans encore en 1809, dans les Réflexions sur l'État de l'Église, gallicans avec Bossuet, Bonald, Saint-Sulpice et son directeur, les auteurs de la Tradition sont maintenant ultramontains déclarés : « Lorsque nous entreprimes cet ouvrage, écrivent-ils dans l’/niroduction de la Tradilion, nous étions dans tous les préjugés contraires à l'autorité du Saint-Siège, et il n’a fallu rien moins, pour nous ramener, que la multitude accablante et linvincible évidence des faits que nous rapporterons!. » Il faudrait ajouter — mais qu'il est facile d’apercevoir le sous-entendu ! — il faudrait ajouter à la multitude des faits, la lumière des événements contemporains qui les éclairent et en font resplendir l’évidence; on comprendrait mal la signification de la Tradition, si l’on ne reconnaissait pas que, lui aussi, lui surtout, Napoléon y collabora.

A vrai dre. c’est une collaboration dont les auteurs lui savent peu de gré : à mesure qu’elle avance, à mesure que la tyrannie impériale affirme ses intentions, dévoile son jeu et fait sentir son poids odieux, le ton de Félicité change à son égard. On se rappelle, ne le premier manuserit, la forme à nn voilée que conservait encore la critique : sous couleur de citer un beau fragment de saint Gélase, l’auteur y donnait une sévère leçon à certains comparses du concile de 1811?. Plus clairement encore, s'adressent à Napoléon, les conseils généraux donnés aux princes, dans l’/ntroduction, au nom de leurs intérêts; car que sert, dit l’auteur, de prouver «les droits de l’Église à des gouvernements qui ne croient point à l'Eglise, pour qui la religion n'est qu'un instrument de politique »? L’allusion est assez transparente, et l’on sait à qui adresser ce qui suit : « Il ne s’agit point aujourd’hui de discuter des droits mais des intérêts. Or, les Souverains en ont un bien puissant, qui devrait les éloigner à jamais des doctrines schismatiques, dont quelques-uns d’eux se laissent si follement éblouir. On ne porte pas un coup à la puissance des Papes qui ne retombe’ sur celle des Rois. Le pouvoir du peuple est l’idole qu’on élève sur les débris du sceptre et de la crosse pontificale %. » Voilà pour le Napoléon‘ ennemi déclaré des démagogues; et voilà pour celui dont le principal

Trad. tt: Lunirod px

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