‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 275 sur 504 · Trad., t. 1, Inirod,, p. xcxn11-xciv · texte numérisé non relu

Trad., t. 1, Inirod,, p. xcxn11-xciv

MARECHAL.— La Jeunesse de La Mennais. 27

Le Saint-Père rejeta bien loin le projet impérial. Le 18 janvier, l’empereur vint lui-même à Fontainebleau prendre en mains la négociation: mais le Concordat signé le 25 janvier 1813 ne parlait ni de la déclaration de 1682, ni de la soumission des cardinaux noirs : l’Empereur rendait sans conditions ses bonnes grâces aux cardinaux et aux prêtres qui avaient pu encourir sa Colère ; le décret de 1811 sur l’institution des évêques était, en revanche, de nouveau confirmé par le Pape. |

Pie VIT n’avait-il voulu que gagner du temps, en signant un pareil acte? Dès que ses conseillers habituels lui furent rendus, on put prévoir qu'il ne l’exécuterait point. Il retarda tant qu'il put l'institution des évêques promise par le Con-

cordat, et refusa les 300.000 francs que le gouvernement lui offrait comme acompte sur sa liste civile. C’est en vain que le 13 février 1813 l'Empereur, outrepassant son droit, présente le concordat au Sénat et le fait enregistrer comme loi de l'Etat. Le 24 mars suivant, le Pape adresse à Napoléon une lettre pour dénoncer le Concordat de 1813. Le 25, l'Empereur répond par un décret qui déclare le Concordat obligatoire pour les archevêques, les évêques et les chapitres, et, pourvoyant directement d’évêques douze diocèses en un même Jour, prescrit aux métropolitains de leur donner l’institution canonique !.

Sans doute est-ce à cette époque que Félicité écrivait dans la Tradilion, accentuant son hostilité contre l'Empereur : « Les premiers présens que la religion reçut des Empereurs, ce fut des bourreaux. On couvrit sa tête de cendres, on l’abreuva du sang de ses enfans... Voilà l’origine du pouvoir des Princes sur l’Église: des potences, des büchers, des instruments de torture, voilà leurs titres ?. » Dirat-on que son gouvernement dépendait alors de l'autorité civile de Dioclétien et de Néron ? Sans doute quelques empereurs, « séduits par l’hérésie, employèrent la violence pour la faire prévaloir ; mais alors même ils affectoient de n’agir que comme de simples ministres de l'autorité spirituelle : pas un ne prétendit être en droit d’ordonner de son chef dans l'Eglise: ce prodige de doctrine étoit réservé à nos jours. »

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