‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 310 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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sans doute qu’elle prend toute sa signification, et l’on en goûtera mieux l’onction. Voici done comment le doux abbé Teysseyre répare, en invoquant l’amour, les brèches faites par Félicité de La Mennais dans la ferme et paisible volonté de son frère ainé :

À Monsieur l'abbé de La Mennaye, vicaire général à St-Brieuc 1.

Le 7 novembre.

J'ai un peu tardé, cher ami, à vous répondre, afin de pouvoir le faire avec plus de loisir. Combien il me serait doux de pouvoir consoler votre âme froissée et desséchée, dites-vous, au milieu de l'embarras des affaires. « Sans doute qu'il est beau, suivant l’expression de Fénelon, de réserver avec jalousie, dans un profond recueillement, tous ses désirs et toutes ses pensées à l'époux sacré. » Mais il est encore plus beau de sacrifier les douceurs inefables de ce commerce divin pour faire la volonté de Dieu, glorifier son nom et sauver les âmes. Il y a bien de la différence entre être distrait de Dieu et être distrait de la suavité qui se trouve dans le sentiment actuel de sa présence. Il est vrai que dans les sollicitudes du gouvernement on ne peut guère goûter cette suavité, mais quand on s’est privé pour Dieu, l’on perd pour gagner, et on laisse le suave pour le solide. Vous savez que c’est la doctrine de votre bon ami S. Fr. de Sales, et je trouve qu’elle est admirablement développée dans son esprit 17 p. c. 14. Il y a plus si vous êtes fidelle à offrir toutes vos occupations. à Dieu dès le matin, et à rasséréner votre âme par de doux élans d’amour et d'abandon pendant les instants furlifs que vous laissent vos affaires, si vous êtes fidelle de temps en temps à la pratique de M. Ollier de renoncer à votre propre esprit pour vous unir à celui de N.S., je croirais volontiers que toutes vos actions seraient des actes d'amour, dignes de la gloire céleste, et que vous marcheriez véritablement dans une présence de Dieu continuelle, lors même que vous demeureriez des heures entières sans y penser. Je suppose toujours que vous êtes fidelle à vos exercices de piété, car si vous les négligez sans raison, ce serait seulement alors que vous pourriez craindre de vous appauvrir pour enrichir les autres, et de sacrifier votre sainteté pour leur salut. Une heure d’oraison avançait plus les affaires de St Charles et de St Vincent de Paul que des journées de réflexion et de travail. En un mot, tenons-nous sur la ligne de la Providence, et soyons en paix. Laissons faire notre bon maître, il sait mieux que nous ce qui nous est avantageux, c'est lui qui nous a mis où nous sommes, il voit le fond de notre cœur, fibi dixit cor meum, faciem fuam requiram. Que nous faut-il de plus? Laissons-

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