‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 312 sur 504 · Inédit. Arch. des Frères n · texte numérisé non relu

Inédit. Arch. des Frères n

Gette lettre, en raffermissant la volonté de Jean-Marie, consommait l'échec définitif des projets de Félicité de La Mennais. Il n’avait pu réussir à organiser de concert avec ses quatre autres collaborateurs le journal à tendances ultramontaines dans lequel il eùt eu son franc parler, et la nécessité le réduisait à fournir d'articles la feuille de ce Picot, si nettement gallican, et qu'il méprisait. N’était-ce pas lui qui, peu auparavant, annonçait l’intention de publier dans son Ami de la Religion des articles contre la Tradition ? Félicité devait aussi renoncer à son rêve de réunion à Paris ou de vie commune à la Chenaïie avec son frère : soutenu par Teysseyre, Jean-Marie demeurait fidèle à son poste. Notre voyageur se résigna done à partir pour Saint-Brieuc; autre échec non moins cuisant!. Le 22 novembre, il s’y achemine tristement par la diligence. Devant la chute de tous ses rêves, la mélancolie l’envahit, 1l revient un instant à ses désirs de vie monastique ?. Ils ne sont pas d’ailleurs tellement assis qu’à peine arrivé à Saint-Brieuc il ne trouve dans la manière dont Picot publie ses articles en les morcelant ou même en altérant certains passages, de nouvelles occasions de se tourmenter lui-même et de maudire l’humanité. Sous le coup de l'émotion que lui causent de tels procédés, 1l écrit au commencement de décembre, une lettre virulente à Teysseyre; et bientôt, pour en corriger l'excès, une lettre qui, de formes plus adoucies, ne le cède en rien sur les principes. Un peu surpris de cet assaut, Teysseyre lui répond, le 12 décembre, par la lettre inédite suivante, adressée :

A Monsieur Félix de la Mennaye, à St-Brieux,

Ce 12 décembre,

Lorsque j'eus reçu, cher ami, votre première lettre écrite un peu ab irato, je m’attendis à en recevoir bientôt une seconde, toute

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