BLAIZE, t. I, p
DS Où À EN
ki
quels on cède trop aisément; mécontentement de la garde
nationale; mauvaise impression produite par la formation de
la maison du roi; par-dessus tout cela, faiblesse du roi, « qui ne sait point se décider à des mesures devenues tous les jours plus nécessaires ! »; bruits alarmants répandus par les émi-
grés déçus, et qui inquiètent le commerce. Il rassure à ce sujet son beau-frère Ange Blaize dans une lettre inédite :
Le bruit que les Anglais refusent de nous remettre nos colonies paraît destitué de tout fondement. On prépare l'embarquement des troupes qui doivent en aller prendre possession. On ne saurait trop se défier des nouvelles qu'on répand. Chacun ici fait la sienne, et semble s’essayer à la faire plus fâcheuse qu'aucune autre. C'est le fruit du mécontentement, et la vengeance de toutés les ambitions particulières, trompées pour la plupart, comme on devait s’y attendre, dans leurs ridicules espérances. Si j'apprends quelque chose d’intéressant et sur quoi l’on puisse en apparence compter, je ne manquerai pas de vous en faire part.
Mes amitiés les plus tendres à Marie et à ses enfants. Votre ami.
Pt
Au milieu de tout ce désordre, Félicité s'attache comme à la seule ancre de salut à ces doctrines ultramontaines, à cette infaillibilité pontificale dont la Tradition l’a fait dorénavant l’apôtre. Point de salut ailleurs que dans les rapports de la monarchie et du Saint-Siège compris d’après ces principes. C’est de la religion, c’est de l'Eglise représentée par le Pape que le roi tient son pouvoir de régir et de gouverner la France, done son devoir de régner. Voilà en quel sens il approuve une brochure de Bonald sur la Royaulé en France. Le ministère ne l’a pas encouragée, vingt exemplaires seulement en ont été mis en circulation; il en a lu l’exemplaire d'épreuve : « La famille régnante ne peut renoncer au devoir de gouverner, et la nation a le droit de la contraindre à le remplir. Du reste, point de constitution écrite, point de chambres, le rétablissement des parlements tels qu'ils existaient autrefois, sans quoi la France tombera rapidement au dernier degré de la faiblesse et du malheur? »
Bonald lui-même est d’ailleurs loin de lui donner pleine satis-