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qu'est-ce qui protégera le peuple contre l’odieuse nn | du pouvoir politique et civil ? Il faut donc que.le clergé possède, et tout d’abord il convient de réfuter les préjugés révo-. lutionnaires sur l’usage que le clergé fit autrefois de ses richesses ; on lui rendra le droit de posséder, quand on sen-
tira que jamais la fortune ne fut en de meilleures mains, ni qui en firent un meilleur usage. C’est ce que Félicité veut montrer dans les pages suivantes. Je cite le texte partiellement inédit du premier jet dont j'ai retrouvé l'original autographe et manuseriti:
« Les richesses du clergé avoient été longtemps le texte des déclamations d’une philosophie envieuse : elle reprochoit aux ministres d’un Dieu de charité, jusqu'au pain dont ils: nourrissoient le pauvre. Car si l’on voyoit quelquefois des prètres avares et sans entrailles, ces âmes dures étoient peu nombreuses. J’en appele (sic) à la multitude d’infortunés qui vivoient presque uniquement des secours que leur prodiguoient en secret tant de pieux ecclésiastiques : mais on ne regardoil que leurs biens sans en considérer l'emploi. Euxmêmes ils s’étudioient à dérober aux yeux des hommes leurs abondantes aumônes ; il leur suffisoit qu'elles fussent connues de celui qui a dit: QUE VOTRE MAIN GAUCHE NE SACHE PAS CE QUE FAIT LA DROITE. Une tendre commisération pour les misères de l'humanité étoit partout le caractère distinctif du clergé catholique, dévoué par état aux œuvres de bienfaisance, et pour ainsi dire consacré à la miséricorde. Existoitil quelque part une abbaye opulente ? On s’en appercevoit d’abord à laisance qui régnoit dans les lieux d’alentour, quels que fussent d’ailleurs les abus. Il étoit rare et peut-être inouï que l’indigent n’entrât pas en partage des revenus attachés à ces saintes fondations, qui étoient comme le patrimoine que, dans sa touchante sollicitude, la religion tenoit en réserve pour ceux de ses enfans qu’avoit déshérités la fortune. Qu'on interroge le pauvre, et on saura ce qu'il a gagné aux spoliations qui remirent, comme on parloit alors, en circulation ces richesses oisives. Elles étoient oisives sans doute pour l’abject calculateur qui, ne voyant dans l’or qu'un moyen d'acquérir de l'or, suppute froidement ce que peut produire la faim, le froid, la nudité et toutes les angoisses d’un extrême