‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 320 sur 504 · Les passages inédits sont en italiques · texte numérisé non relu

Les passages inédits sont en italiques

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besoin; engloutit dans ses coffres la substance des malheu-

reux dont il a consommé la ruine, et dévore les familles entières par ses usures homicides!. Elles étaient oisives enfin, comme ceux qui les distribuoient étoient eux-mêmes oisifs : que faisoient-ils en effet, ces hommes désœuvrés ? Ils cherchoient de tous côtés des peines pour les adoucir, des pleurs

pour les sécher, des douleurs pour les consoler. De l’infect

cachot où 1ls venoient de promettre le pardon au repentir, ils passoient au hit de l’agonisant pour verser dans son cœur à ce moment terrible les joies immortelles d’une espérance qui

- alloit s’accomplir. Faut-il s'étonner qu'après dix-huit siècles

de patience, on se soit lassé de souffrir des êtres si scandaleusement inutiles ? ,

Quelle que fût au reste l’utilité ou même la nécessité des dotations ecclésiastiques, la politique ne permettoit pas, à l’époque du concordat, de réintégrer le clergé dans des biens qui déjà plusieurs fois avaient changé de possesseurs. Cette raison d'intérêt publie porta le Souverain Pontife à en légitimer la rente?. On pourvult, par des pensions, à la subsistance des ministres chargés de fonctions curiales ; réduits à l’exact nécessaire et n'ayant rien à attendre de plus, il ne fut pas facile à la plus envenimée malignité de flétrir leur dévouement au quel on ne pouvoitl désormais assigner aucun molif humain. Comment calomnier la vertu qui n'a d'autre perspective que la vertu même ? »

Ce dernier paragraphe a subi à l'impression une correction remarquable ; après avoir laissé subsister le passage où il explique que l'intérêt public porta le Souverain Pontife à légitimer la vente des biens du clergé, Félicité de La Mennais ajoute : « ef provisoirement il fut pourvu par des pensions à la subsistance des ministres pourvus des fonctions curiales. » L'’ultramontanisme de la Tradilion s'annonce déjà par cet

1. Ai-je besoin de faire remarquer qu'ici même s’amorce, pour la première fois, l'économie politique chrétienne dont l’Avenir un jour développera les doctrines ? Les préoccupations charitables de M. de La Mennais père en ont posé les premiers jalons. C’est le libéralisme économique que Félicité flétrit si violemment ici : je ne résiste pas à la tentation de remettre sous les yeux du lecteur cette phrase raturée, mais bien significative, où l'auteur parle des familles que l'usure dévore en leur ravissant par les ruses odieuses d’une infàâme cupidilé le champ qui les nourrissoif.

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