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L'expérience condamne donc l'Université ; mais la raison la proscrit encore plus fortement : elle montre que lUniversité ne er jamais s'améliorer au point de devenir tolérable. La plupart de ses professeurs actuels inspirent une défiance fondée; si elle les garde, elle perpétue le désordre ; si elle les renvoie, comment les remplacera-t-elle ? « L”’ uni. que moyen qu elle cesse d’être nuisible est qu’elle cesse d’étret. »
Changer quelques règlements, et ne point changer les .
hommes, c’est pallier le mal sans le guérir. On allègue lintérêt de sauvegarder l’unité d'enseignement. Mais nulle part cette unité n'existe « moins que dans l’Université, assemblage incohérent d'hommes différents de mœurs, d’habitudes et de principes, de chrétiens et de philosophes, de célibataires et de pères de famille », que sépare « la contrariété des idées
et des opinions ?? » Il ne suffit pas d'enseigner les mêmes matières pour réaliser l’unité d'esprit.
Mais s’il faut supprimer l’Université, par quoi la remplacera-t-on ? [1 n'importe : en admettant même que toute instruction dût tomber avec elle, il vaudraitencore mieux la détruire « l’ignorance vaut mieux que la corruption? ». Du reste on
m'est pas réduit à cette alternative; € il n’v a que les Jésuites
qui puissent rétablir la religion en Francg », Félicité, nous l’avons vu, en est convaincu, c’est à leur concours que la monarchie restaurée doit faire appel : « Le temps viendra bientôt, écrit-il, où, prenant pour exemple ce qui existoit à l’époque de la plus grande splendeur de la France, on aura réellement une éducation publique, propre, sous tous les rapports, à inspirer la confiance, sans charger P État ou les familles d’une dépense énorme ; on aura un véritable corps enseignant, corps religieux, parce qu'il n’y a point d'unité ni de stabilité sans religion; corps enfin qu'appellent, depuis bien des années, tous les vœux des hommes impartiaux, et que ses anciens services, si mal récompensés, désignent d'avance au choix du Roi. »
En attendant, c’est la liberté d'enseignement que réclame énergiquement l’auteur: « Qu'on supprime toute entrave