‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 323 sur 504 · Jbid., pp · texte numérisé non relu

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qu’on laisse une liberté entière, et l’on verra se former des établissements nombreux, dont l’émulation garantira la bonté. » Il suffira de les placer sous la surveillance des évéques, non pas au point de vue des études, dont l’intérêt des maitres garantira l’excellence, mais au point de vue des mœurs et de la doctrine !.

Ainsi, c’est au nom des droits de la conscience que Félicité condamne aujourd’hui l’Université, instrument d’oppression, parce qu’elle met, par l'éducation, la vie morale de la nation sous la dépendance directe du pouvoir politique et civil. L'Église, gardienne de la morale et du dogme, peut seule enseigner; et, en attendant que les portes s’ouvrent de nouveau devant le corps qu’elle a constitué à cet effet, la liberté d'enseignement peut seule assurer le respect de ses droits, qui sont ceux de l'humanité.

La véritable liberté, la liberté morale de la nation, qui commande et rend seule possible toutes les autres, n’exige pas seulement que l’Église ait la charge de l'éducation publique ; il faut que son clergésoit véritablement indépendant du pouvoir politique et civil; et il ne peut l’être qu’en devenant propriétaire. Tel est le second article du programme de Félicité. Il le défend énergiquement dans des pages qu'il publie le 7 décembre 1814, au t. III de l’Ami de la Religion et du rot, sous le titre: Dotalion du Clergé3.

L’esquisse de cet article se retrouve dans ses papiers inédits ; et ce premier jet montre bien ses intentions :

Le sort du trône et de la Société même lié au sort de la religlion]. Le sort de la relig[ion] lié au sort du clergé.

Il n’y a que les corps qui aient une influence puissante et durable. Or, point de corps sans fixité, point de corps sans indépendance, par conséquent point de corps sans propriété.

Les salaires personnels isolent les hommes et les asservissent. Ce n’est point le corps qu'on salarie, ce sont les individus. De là défaut de considération et existence précaire: la relig[ion], la société deviennent alors précaires comme le clergé même.

Lorsque le corps n'a pas un fonds, dont il puisse répartir les

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