Ibid., p
4, Ibid, p. 232.
gage de vraie liberté, Félicité réclame pour la religion lindépendance, source de la vie morale qui est l’âme de la société : « Sans religion, point d’esprit national durable, point de fidélité au souverain, point d’amour du pays natal, en un mot, point de société. Mais la religion ne sauroit se perpétuer sans ministère, et son sort est lié au sort du clergé!. »
Le clergé doit donc être indépendant ; et comment le seraitil, s’il ne formait pas un corps dont la considération et la puissance rejaillit sur chacun de ses membres? ? Comment le serait-il surtout, s’il n’était pas propriétaire ?« Sans propriété les corps comme les individus, ne possèdent qu’un pouvoir emprunté, qu'une existence précaire, et subsistent ou meurent à la volonté de celui qui les paye. Tel est le motif politique de la dotation du clergé... » Aussi lorsqu’en 1790, la philosophie triomphante résolut d’abolir la religion, elle commença par dépouiller le clergé de ses biens. « Buonaparte » voulait « une religion qui füt esclave, comme tout le reste. Que fit-il? Il eo les membres du clergé, appliqua toute son attention à empêcher qu'ils ne fissent corps, et les assimila aux employés de toute espèce, qui vivoient de ses salaires. Les évêques reçurent, mois par mois, leur solde, comme les gendarmes : leur subsistance, comme celle des curés, dépendit des chances politiques, de l’état du trésor, et des caprices du maître: les autres ministres, réduits à l’aumône, n’eurent d'autre ressource que la charité des fidèles ».
La Restauration donnera-t-elle à chaque prêtre une pension suffisante ? Cette mesure ne sulfirait pas encore. Mille charges doivent peser sur le clergé : établissements d’instruction pour les futurs prêtres, à fonder et à entretenir, compagnies de missionnaires à organiser pour renouveler la foi et réformer les mœurs, temples à réparer, entretenir et décorer, culture des sciences ecclésiastiques à encourager,
propagande à faire par le livre. « À moins que le clergé
n'ait un fonds dont il puisse répartir les revenus, mille choses essentielles resteront toujours à faire ». Il faut donc qu'il possède, car « comment opérer ces diverses sortes de bien,
Mélanges religieux, etc., p. 232.
Ibid., p. 234.
Ibid.
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tant que clergé sera sans dotation? Sans doute on ne peut
lui rendre entièrement celle qu’il possédoitil ya vingt années ;
mais quelle raison empécheroit de lui restituer, en déduction de ce que le trésor lui paye annuellement, la portion de ses anciennes propriétés qui a été réunie au domaine public ? Ne seroit-ce pas, à la fois, un acte de justice et de sagesse ? de sagesse, nous l’avons prouvé, de justice, puisque rien au monde ne sauroit excuser une semblable spoliation, dans son origine. Nous ajouterons que ce seroitencore une mesure très politique; car si on consacre par le fait l’inviolabilité des donations, les donations se multiplieront, et l’État, au bout d’un certain temps, sera déchargé des frais du culte... Un corps propriétaire est une famille de plus dans l’État, dont elle augmente les ressources. Ses revenus deviennent le patrimoine commun de toutes les autres familles 1... »
L'article finissait sur ces lignes, qui n’ont pas été recueillies plus tard, et qu’on lit seulement dans l’A mi de la Religion : « En attendant que l’Église soit dotée en propriétés foncières, nous croyons qu'il y auroit un moyen facile, sans accroitre la charge de l’État, de soustraire le clergé à l’humilation d’être salarié comme une troupe de manœuvres ; mais ce n’est pas ici le lieu de développer un plan qui exige d’être müri avec beaucoup de réflexion, et qui doit avoir été jugé par le gouvernement, avant d'être soumis à une discussion publique?. »
Quel qu’ait été ce plan, dont je ne retrouve pas trace dans les œuvres de Félicité, son idée maitresse d’affranchir le clergé et par lui la nation, en rendant l'Eglise, comme autrefois, maîtresse de l'éducation et propriétaire de biens qui lui appartiendraient en propre, n’en demeure pas moins ex-
primée : elle se subordonne, comme Pultramontanisme de
La Mennais, au besoin de la liberté.
Cette liberté des enfants de Dieu, que le christianisme, que la vérité a affranchis, repose tout entière e, ne l’oublions pas, sur Pierre et ses successeurs. C’est à eux que le Christ en à confié la garde, et Dieu leur a promis qu il serait toujours