BLarze, t. I, pp
des violentes apostrophes que nous avons lues ? Sans doute,’
qui est en effet mon ouvrage, l’ayant fait en entier sur les
textes qu'il avait recueillis !. » Dans le désarroi douloureux que lui cause un événement si imprévu, son affection pour Jean le décide à la rude épreuve de la séparation, ilse sacrifie pour celui qu’il aime.
Il avait emporté de Saint-Malo une pacotille de toiles que lui avait confiées son beau-frère Ange Blaize. Le5 avril, sous le nom de Patrick Robertson, il les négocie à Guernesey contre du sucre blanc de la Havane, avec M. Dobrée, correspondant de la maison Blaize2. Après cette courte escale, nous le retrouvons, en avril, dans l’intérieur de Londres, ne sachant rien encore de la manière dont il pourra vivre. Enfin, le
3 mai 1815, il a quitté l’intérieur de la cité pour entrer. sans , 9 , e
doute comme maître de français ou de mathématiques, dans une pension tenue à Kensington par un Irlandais, M. Morton. La pension comprenait une trentaine d'enfants, la plupart doux et faciles 3.
Dans l'intervalle de son arrivée à Londres au 3 mai, on devine aisément ce qui s'était passé. Félicité avait été trouver l'abbé Carron, qui dirigeait à Kensington un pensionnat pour les filles pauvres des Français émigrés. Le 25 avril il donnait comme adresse à l’un de ses correspondants : M. Carron, Kensington Road, n°214. L'abbé Carron n'eut pas de peine à le faire renoncer à ses projets d’exil aux colonies : ne valait-il pas mieux attendre les événements, qui pouvaient tourner encore à l'avantage des Bourbons? Il adressa done son protégé à cette grande dame anglaise, Mrs J erningham, qui cherchait un précepteur pour ses enfants et qui, s'il faut en croire la légende, l’éconduisit sur sa mine chétive en déclarant qu'il avait l’air trop bête. C’est sans doute après ce premier échec que Félicité de La Mennais entra chez Mr. Morton.
Combien de temps exactement y passa-t-l ? Quelle y fut au juste sa situation? Nous savons seulement qu'à dater du