‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 354 sur 504 · Inédit · texte numérisé non relu

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tout, il va en Bretagne. Son projet est de se rendre à Vannes par Nantes, en S ’arrétant un peu à Orléans et à Tours, ce qui lui épargnera la fatigue de trois nuits consécutives en diligence. Jean-Marie et ui, après l’ordination, reviendraient de Vannes à Saint-Brieuc par Rennes, où ils Verratent leur père en passant ?. Le lendemain 5 février, l’abbé Teysseyre écrit à Jean-Marie une lettre dans laquelle il se loue des « grands progrès » accomplis par Féli depuis l’année précédente, puisqu’il marche à présent « dans le chemin de la Croix, sans goût et sans consolation » et, qu'ayant « reçu le sous-diaconat en victime », il va recevoir le diaconat et la prêtrise « comme un petit enfant qui se laisse conduire en sacrifiant toutes les répugnances de la nature et tous les raisonnements les plus spécieux de son imagination. » Aussi, comme le projet d'entrer chez les Jésuites est tout à fait opposé aux désirs naturels de Féli, Teysseyre l’approuve. Féli lui a parlé en confidence : « dans le fond du cœur, il a toujours pensé que Dieu l’appelait à l’état religieux pour mettre un frein à son inconstance, et consommer le sacrifice de tout lui-même à la volonté divine. » Teysseyre ne comprend pas qu'il s’agit là d’une résolution désespérée, et, songeant au besoin qu'a le jeune sous-diacre « d’une vie douce et réglée, séparée du monde avec de grands loisirs pour l’étude, sans aucune saollicitude temporelle, dans une société aimable et édifiante », il croit « que Dieu le veut au noviciatdes Jésuites ! ». Comme si cette confidence de Féli n’était pas la première secousse que le prisonnier imprime à la chaîne qu'il sent trop lourde ! Comment Teysseyre n’entend-il pas les soupirs du malheureux Féli vers l’indépendance de sa chère solitude de la Chenaie ?

Remarquons de plus que l’accord n’est pas complet entre

les abbés Carron et Teysseyre. Ce dernier, beaucoup moins

prudent, est aussi l'héritier d’une tradition qui s’est pieusement conservée à Saint-Sulpice, et que nous avons autrefois signalée. Il importe donc de nous rappeler ici les analogies que nous avons évoquées jadis entre la crise que traverse aujourd'hui Félicité de La Mennais, et celle dont à Saint-Sulpice on savait que M. Olier, le fondateur de la maison, avait subi l’épreuve en son temps. Ces peines intérieures avaient été la voie douloureuse par laquelle M. Olier

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