‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 363 sur 504 · RoussEL, t. I, p · texte numérisé non relu

RoussEL, t. I, p

Certes, 1l écrit avec dégoût. Mais cet effort littéraire dont il ne cesse de gémir, le fixe peu à peu à Paris, et Jui fait envisager, | sans qu'il se l’avoue lui-même, sa position d’un autre œil. Luimême insiste pour que son frère expédie les livres dont il a besoin!. Sans doute, moins d’un mois après, 1] décline le | projet d’un envoi plus considérable; et dans quels termes ! CA quoi servent les livres? Je ne connais qu’un livre gal, consolant, et qu’on voie toujours avec plaisir, c’est un regis- | tre mortuaire. Tout le reste est vain et ne va pas au fait ?. » Mais il faut s’entendre : car précisément à la même époque, bien loin de songer à mourir, notre Félis’installe plus agréablement chez l'abbé Carron, dans «un petit appartement séparé », qui € se compose de deux très petites pièces, d’une plus petite cuisine, où cependant il peut coucher un domestique, et d’un bücher. Tout cela est propre et Joli ? ».

Il calcule ensuite que dans sa nouvelle installation, il dépensera environ 1.800 francs par an, somme équivalente à ses revenus, puisqu'il peut disposer de 1.000 francs de rente sur l'Etat, de 100 francs de rente viagère, de 400 francs pour Sa part du revenu dela Chenaie, et de 300 francs de messes ; en sorte que pour être au pair, il lui faut encore environ 600 francs, ce qui lui fait souhaiter vivement de toucher ce qui lui reviendra de la liquidation de la maison de son père. Ange Blaze lui placerait cet argent à 8 p- 100 en fonds consolidés. Le registre mortuaire devient vite un livre de comptes.

Il gémit, cependant, il se plaint du travail de lEssai, qu'il trouve extraordinairement médiocre et que, malgré tous les encouragements, il a toutes les peines du monde à continuer. Jamais 1l n’écrivit « quoi que ce soit avec moins de goût » #. Rien n’est plus vrai; mais ilen parle, il s’en occupe, et déjà même, du matin au soir, il en vit. Que le succès, sur lequel la mésaventure des Réfleæions et l'échec de la Tradi- Hon l’ont déshabitué de compter, vienne là-dessus, et du coup l'écrivain aura guéri le prêtre. Nous n’en sommes pas encore là. Ne faut-il pas épuiser d’abord la coupe des lamentations? Cependant les préoccupations d'intérêts et d’affaires

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