‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 364 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

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font diversion. Témoin ce début inédit de la lettre à Jean- Marie, du 6 avril 1817 :

M. Carron vient de me remettre ta lettre du 2 avril. Je ne veux certainement pas traverser les arrangemens que vous avez pris pour la liquidation. Il faut s’en tenir à ce qui est le plus avantageux. Seulement je désirerais, s’il est possible, pouvoir jouir dei ce qui me reviendra dans deux ans. Je fixe ce terme pour des raisons

que je te dirai ici, et encore je n'y tiens pas absolument. Les fonds

publics montent tellement qu'il n'y a point à regretter de ne pas placer en ce moment. Et puis notre condition s'améliore par le retard, par les motifs que tu m'exposes. Ainsi ne changez rien à ce que vous aviez arrêté. Je puis d’ailleurs aisément attendre 2 ans et plus, si Rusand est exact dans ses payements, et c’est à quoi je veillerai de mon mieux. Il doit revenir ici au mois de juin. Ecris lui

- pour régler le 4° terme de 2.000 fes. Tu peux toujours toucher sur » sa lettre que je t'ai remise, ce que l’abbé Lesage voudra te comp-

ter. Par les raisons que je t'ai dites, j'aurais besoin à présent de

95 louis ; et je serais bien aise de les prendre sur le produit de la

Tradition, pour ne pas manger en détail celui de la liquidation. Cependant, si tu ne voyais pas jour à toucher promptement de l'abbé Lesage, prie Biarrote de m'envoyer une traite de 600 fes que je rembourserai sur le 1°" payement que nous fera Rusand. En cas

que le linge que je t'ai demandé ne soit pas expédié, joins y deux

couverts d'argent ; j'en ai deux ici, mais ils servent à Lise et Marie- Ange !.

Voilà des préoccupations pratiques. Symptôme heureux, la mélancolie ne vient désormais qu'à la suite ; mais 1l faudra qu’elle ait son tour. Il ne va pas en Bretagne : une fois qu'il y serait, comment la pour rait-il quitter? « La Chenaie fut longtemps et serait encore mon paradis terrestre; on m'en a chassé, et Tesseyre en garde les approches, un glaive flamboyant à la main. » Il y renonce donc, comme au reste : « Après ce que j'ai perdu, à quoi pourrais-]e tenir encore ? Je crois cependant qu'un Virgile me ferait plaisir. Il aimait les champs, je dois l'aimer. Sa voix si triste et si douce pénètre jusqu’au cœur. [l me parlera des jours passés, de cet heureux temps qui ne saurait revenir.

Optima quæque dies miseris mortalibus œvi Prima fugit.

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