X.DE FELLER, Caléchisme philosophique, pp
« Les Ministres protestans ne savent plus ce qu’ils croient, ni ce qu'ils veulent, ni ce qu’ils disent... » ; et que faisait- ‘il alors, que reprendre une observation de Bossuet dans ses Avertissemens et son Histoire des Variations? Les protestants anglais, allemands ou français repoussent avec une égale énergie toute autorité ; d’où suit, comme l’Encyclopédie même en convient dans son fameux: article Unitaires, que le protestant doit se perdre dans l’athéisme: « La Religion Catholique, Apostolique et Romaine, y lit-on, est incontestablement la seule bonne, la seule sûre, la seule vraie ; mais cette Religion exige en même temps de ceux qui l’embrassent, la soumission la plus entière de la raison. Lorsqu'il se trouve dans cette communion un homme d’un esprit inquiet, remuant et difficile à contenter, il commence d’abord à s'établir juge de la vérité des dogmes’ qu’on lui propose à croire; et, ne trouvant point dans cet objet de la foi un degré d’évidence que leur nature ne comporte pas, il se fait Protestant. S’apercevant bientôt de l’incohérence des principes qui caractérisent le Protestantisme, il cherche dans le Socinianisme une solution à ses doutes et àses difficultés et 1l devient Socinien. Du Socinianisme au Déisme, il n’y a qu'une nuance imperceptible et un pas à faire; il le fait; mais comme le Déisme n’est lui-même, ainsi que nous l'avons déjà dit, qu’une Religion inconséquente, il se précipite insensiblement dans le Pyrrhonisme ; état violent et aussi humiliant pour l’amour-propre qu’incompatible avee la nature de lesprit humain. Enfin, il finit par tomber dans l’Athéisme; état vraiment cruel, et qui assure à l’homme une malheureuse tranquillité, à laquelle on ne peut guère espérer de le voir renoncer !. »
Il suit de là qu’un déiste de bonne foi doit, à l'inverse, pour peu qu'il raisonne logiquement, « arriver à la connoissance et à la profession de tous les dogmes de la vraie religion... Les déistes, pour être conséquents, doivent devenir Chrétiens el Catholiques ». L’abbé de Feller présente de la manière suivante cet argument dont Félicité de La Mennais fera le centre de sa démonstration ; il s’adresse aux déistes : « Vous croyez un Dieu que vous ne pouvez comprendre, vous le croyez malgré des objections auxquelles