Encyclopédie, éd. de Neuchâtel, 1765, t. XVII, p
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votre raison ne répond pas; vous le croyez sur des preuves qui éclipsent à vos yeux ces objections : donc vous n'êtes pas en droit de rejeter les mystères du Christianisme, précisément parce qu’ils sont inconcevables. Donc les doués que vous leur opposez ne suffisent pas pour les rendre incroyables. Done on peut et on doit les croire, si la réalité en est établie par des preuves égales en leur genre à celles qui vous ont déterminé à croire en Dieu. ile il faut examiner ces preuves, les examiner avant tout, les examiner avec la plus scrupuleuse attention, et ne prendre son parti que d’après cet examen!. » Quant auxthéistes qui reconnaissent qu'il faut un culte, on leur demande quelle règle on doit suivre dans ce culte que l’on doit rendre à Dieu. Or, seule, la religion véritable fournit des motifs capables de nous permettre de choisir et de nous fixer sur le culte. Dira-t-on que la doctrine de la Tolérance est plus amie de la modération, de l’humanité, de la paix que n’importe quelle autre doctrine? Pour ne pas chagriner les Philosophes, il faudra donc nier le jugement de Dieu, l’enfer, la résurrection des morts ? « Les Philosophes tolérants imitent ces faux Prophètes qui pansoient les plaies du peuple, en disant, la paix, la paix, lorsqu'il n’y avait point de paix.;Le nom de paix, dit un Père, est imposant ; l’idée de l’unité est belle; mais cette paix ne peut se trouver que dans l’unité de l’ Église et de la Doctrine, autrement ce n’est plus la paix de Jésus- Christ?.» Au reste, comment soutenir raisonnablement que la Tolérance, qui relâche les liens de la religion et affaiblit son influence sur le bonheur des peuples et Je sécurité des États, en conduisant au déisme et à l’athéisme, est amie de Ponant S'il est vrai que « le mépris de la révélation et même l'indifférence de Religion conduit à l’athéisme, la Tolérance est done aussi nuisible que l’Athéisme, puisqu'elle
en est la mère 3 ».
1. X. pe FELLER, Catéchisme philosophique, p. 261. Cf. sup., 1e partie, p. 571, la même objection reprise et dirigée par Féli contre Rousseau.