‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 372 sur 504 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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Deux ans après la publication du Catéchisme de Feller, paraissait un ouvrage intitulé: Certilude des principes de la Religion contre les nouveaux efforts des Incrédules. Première partie, par M. Reenier, Docteur de la Faculté de Théologie de Paris. Tome second. A Paris, 1778, in-12. La septième section de l'ouvrage était intitulée: De l’Indifférence en matière de Religion.

Le cœur de l’homme est un abime, déclare l’auteur, sa conduite un tissu de paradoxes. Tous les hommes veulent être heureux, et cependant beaucoup ont l’air de n’en avoir aucun souci, « tant ils témoignent d’indifférence pour la Religion qui leur apprend quelle est leur origine, pour quelle fin ils sont dans le monde, quel doit être le terme de leur carrière ». Ils s’irritent même si on veut les détromper, et quelques-uns regardent comme force d'esprit leur aveuglement volontaire !, |

Parmi ces insensés, il faut distinguer deux sortes d’indifférents : « Premièrement, des indifférens qui ne savent, à proprement parler, ni s’ils croient, ni s’ils ne croient point, qui ne s’embarrassent ni de l’un ni de l’autre de ces deux états, et qui ne daignent prendre aucun parti sur la vérité et la nécessité d’une Religion. Secondement, des hommes décidés à ce qu’ils prétendent, sur l'obligation d’embrasser quelque Religion, mais qui mettent toutes les Religions à peu près de niveau, sans regarder comme déterminément nécessaire aucun des cultes établis dans l’univers?. »

Le premier chapitre de cette section est dirigé contre la première classe d’indifférents, Contre ceux qui sont indifférens, même en général, sur la Vérité et la Nécessité d’une Religion. Cette indifférence est aveugle et criminelle : « Qu'il existe un être souverainement parfait, qui nous ait créés à son image et pour sa gloire ; qu’il gouverne tout avec autant de force que de douceur et de sagesse ; qu'il nous ait

1. REGNIER, Certitude, etc. T. If, pp: 391-394. 2. Jbid., pp. 395-396.

imposé des lois qui portent dans leurs caractères l'empreinte de ses perfections et de son autorité ; qu’il soit résolu de nous punir, ou de nous récompenser en Dieu, selon notre infidélité ou notre fidélité à les observer, qu'après une vie courte, fragile, incertaine, il faille lui rendre compte de toutes nos actions, de tous nos désirs, des pensées mêmes qui ont échappé à notre souvenir, sont-ce donc là de ces questions oiseuses et stériles que l’on abandonne aux disputes d’une vaine Philosophie ! ? » Aucune ne peut, au contraire, nous intéresser davantage. « La neutralité volontaire ne peut avoir lieu que dans les affaires où l’on n’a aucun intérêt indispensable de prendre parti ?. » Il n’est donc pas juste de donner tout son intérêt à ce qui en mérite le moins, ni de livrer au hasard tout ce qu’il y a de plus nécessaire.

Toute la suite de ce chapitre n’est qu'une amplification parfois assez heureuse, le plus souvent prolixe, de Pascal dont on a reconnu la pensée maitresse, et dont Regnier cite d’ailleurs largement les pages célèbres contre l’Indifférence des athées ?. Il conclut encore avec Pascal : « Quand un homme aurait quelques talens distingués, l’indifférence en matière de Religion seroit toujours une tache qui le déshonore aux yeux des honnêtes gens, tant qu’il s’obstine à y persévérer 4. »

Le deuxième chapitre est dirigé Contre ceux qui croient ou affectent de croire, qu’il est indifférent de professer déterminément une Religion plutôt que toute autre. Ceux-là, ce sont les philosophes, les anciens d’abord : Cicéron, Socrate, Xénophon, Platon, rendaient un culte à des divinités qu'ils méprisaient ?. Mais les modernes ne leur cèdent en rien, et le Vicaire savoyard n’est ni «plus sincère, ni plus ferme, ni moins accommodant dans l’affaire de la Religion. Avec quel front et par quel principe de conscience pouvoit-il offrir à Dieu un sacrifice qu'il devoit envisager, selon ses idées, comme un amas de superstitions et d’impiétés ? Comment osoit-il proposer à l’adoration des peuples une hostie qu'intérieurement il jugeoit être au-dessous du moindre insecte, puisqu'il ne croyoit ni au dogme de la présence réelle,

1. ReGnier, Cerlitude, etc. T. If, pp. 396-397. 2- Ibid., p.397.

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