Ibid., pp
ni même à la Divinité de Jésus-Christ ? Est-ce ainsi que l’on se joue de la Religion, lorsque l’on paroît la respecter davantage ? Est-ce ainsi que l’on insulte à la majesté de Dieu lors même que l’on affecte de s’anéantir devant lui ! ? »
Rousseau n’est d’ailleurs pas le seul à donner ce spectacie scandaleux. Voltaire pense comme lui ; n’a-t:il pas écrit le vers célèbre : >
« Qu'on soit juste, il suffit, le'reste est arbitraire ?. »
Mais d’abord, « on pourroit demander avec raison, pourquoi ces prétendus Philosophes, si indulgens en apparence et qui sembleroient devoir, conséquemment à leurs principes, ménager toutes les Religions, ont-ils coutume de déclamer avec tant d’animosité, quelquefois même avec tant de fureur, contre la Religion Chrétienne ? » Sans doute c’est à cause de « sa fermeté inflexible à condamner tout ce qui lui est opposé 3 ». Or les adversaires font par là son éloge, car « c’est un caractère inséparable d’une Religion vraiment divine de réprouver toute Religion qui lui est contraire. Emanée du Dieu de vérité, elle ne peut ni composer, ni se concilier avec l’erreur # ». En outre, admettre que l’on peut « légitimement faire profession de tel culte, de telle religion que l’on voudra ; Catholique à Paris, Musulman à Constantinople, idolâtre au Japon ; supposer hardiment que Dieu, qui est la sainteté, la vérité par nature, toujours semblable à lui-même, puisse approuver et autoriser indifféremment la profession de l'Évangile et de l’Alcoran, les hommages rendus à l’excellence, à la pureté, à l’unité de son Etre, et les honneurs divins prodigués à des idoles, n'est-ce pas évidemment se moquer de la Religion, la réduire à une affaire de pure politique, imputer à Dieu une opposition de volontés contradictoire et bizarre qui ne seroit pas même tolérafle dans un homme 5 ? » Quelle impiété, quel délire d'avancer que Dieu puisse tenir ce langage aux hommes : « Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul. Dominum Deum luum adorabis, et ill soli servies. Il vous sera permis néanmoins d’adorer des