Ibid., pp
MaARECHAL. — La Jeunesse de La Mennais; 36
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contribuer même au bien publie : elle ne souffre dans l'âme aucune passion désordonnée; elle ne veut point d’empire partagé entre le vice et la vertu ». Et par suite on ne doit pas prodiguer le nom de Juste, comme le font les adversaires, à des Philosophes du Paganisme, esclaves de honteuses passions !.
Mais supposons que « borné à la maxime : 77 suffit de bien vivre, on soit disposé à lui donner, dans la pratique, toute exécution que l’on peut alors lui devoir ». Que servirait à un navire de partir admirablement armé, s'il est conduit par des hommes qui le laissent flotter à l’aventure, sans savoir la route ? Et de même, pour continuer le raisonnement de saint Augustin, « que serviroit-il à un homme, pour son vrai bonheur, et pour remplir sa destinée, de songer à s'appliquer à des actions de vertu, s’il ne se fait pas un devoir de connaître la fin morale où doit se rapporter le cours de la vie humaine; s’il ne veut point envisager le but vers lequel doit être dirigée sa conduite, selon l’ordre de la Providence ; or ce but, duité fin, c’est la vraie Religion qui les fait cannéttie; et qui suggère les moyens d'y parvenir : c’est donc une illusion déplorable de dire : 11 suffit de bien vivre, et de ne point se mettre en peine de discerner la véritable Religion, pour apprendre quelle est la voie, le terme et le centre de la bonne vie ? ».
On peut encore comparer l’indifférent au sujet d’un prince. Le sujet sait que le prince édicte des promesses et des menaces, et cependant il répond: Il me suffit de bien vivre. « S'il a plu à Dieu de se communiquer aux hommes par la révélation, qui êtes-vous pour lui répondre : i/ me suffit de bien vivre, tout ce que vous pouvez révéler et ordonner m'est absolument indifférent. Son domaine et son pouvoir ne s’étendent-ils pas sur tout l’homme? ? »
Le second prétexte en faveur de l'indifférence religieuse est que « l’erreur, quand on la prend pour la vérité, doit en avoir au jugement de Dieu et dans l'esprit des hommes tout le mérite et tous les droits ». C’est Bayle (OEuvres, t. I, p. 219), qui le premier a mis en avant cette difficulté, sur le fondement de laquelle Rousseau déclare qu’un fils n’a jamais
1. REGNIER, Certilude, etc. t. Il, pp. 446-447. 2. Ibid., pp. 450-451.